Photo en Une : © (c) Cauboyz

Après quelques années dans le groupe Nasser, puis Husbands, tu as sorti ton album « Olympic » en octobre 2016  sur le label After K. Tout d’abord pourquoi un projet solo ?


Je n’ai pas forcément voulu faire un projet solo, c’est venu naturellement en m’amusant au studio à faire des boucles plus électroniques qui ne correspondaient ni à Nasser, ni à Husbands. Composer tout seul m’a permis d’être plus introspectif, c’est forcément plus personnel. Concernant le live, se retrouver tout seul face au public est très différent. La seule personne avec qui l’on peut communiquer est le public, il n’y a pas de copains avec toi sur scène….


Ton groupe Nasser (dont tu étais le fondateur) était plus branché électro rock avec parfois des sonorités techno et punk, tandis que Husbands (avec Kid Francescoli et Oh ! Tiger Moutain) était clairement électro-pop voire folk selon les morceaux. Qu’est-ce qui t’a donné envie de changer de style vers un univers plus hypnotique, dégageant un certain récit contemplatif ?

J’ai toujours composé des boucles avec des sonorités plus électroniques. Cela change peut être de « style » mais la manière dont je construis les titres, les instruments que j’utilise sont les mêmes que dans mes deux autres groupes. J’avais peut-être envie de rentrer un peu plus dans la musique répétitive et contemplative, de la musique que l’on écoute en voyage, dans le train ou l’avion.

Tu puises tes inspirations dans l’époque French Touch. Etienne de Crécy, Daft Punk ou Cassius sont-ils des modèles ou te considères-tu comme un membre de cette seconde génération ?

Je n’ai pas la prétention de faire partie de la French touch, dans le sens où j’ai découvert la musique électronique grâce à eux. C’est vraiment Homework de Daft punk qui m’a fait découvrir et apprécier cette musique. Bien sûr, quand tu es Français et que tu fais de la musique électronique, il y a toujours cette petite chose qui te différencie des autres producteurs étrangers. On a un certain héritage musical en France, comme celui fourni par nos compositeurs de films (François de Roubaix par exemple),  qui ont influencé toute une génération de producteurs français en utilisant des synthés en opposition aux orchestres, utilisés par les Américains. 

Des références à la dance anglaise ou même à la deep house se font ressentir, comme dans la vidéo de “Hush Hush” qui fait penser aux clips des années 90 avec ses tenues colorées? Qu’est-ce qui te plaît dans ces sonorités ?

C'est une sorte de nostalgie… Ce sont des sonorités que je détestais au début des années 90 mais que j’ai appris à aimer avec le temps.

Derrière ce renouveau, penses-tu à des collaborations avec des artistes français de ce genre, comme Rone, Superpoze ou The Blaze ?

Ce serait un plaisir de collaborer avec tous les artistes que tu viens de citer ! C'est très enrichissant la collaboration. C’est pour cela que je produis beaucoup d’autres artistes comme Martin Mey, Kid Francescoli. Cela me permet de chercher de nouvelles sonorités, de nouvelles méthodes de travail. C'est un véritable laboratoire d’idées pour mes futures productions. 

Dans ton nouveau clip « Olympic », on voit des panoramiques contemplatifs, un voyage dans l’espace…D'où est venue l'inspiration pour cette vidéo ?

Ces images sont le fruit de ma collaboration avec les Cauboyz. Ce sont des amis d’enfance qui ont aussi réalisé tous les clips d’Husbands. Ce sont vraiment deux personnes à qui je fais totalement confiance pour tout ce qui est visuel et graphisme. Je voulais quelque chose de très contemplatif, quelque chose qui te fasse voyager. C'est effectivement dans cette optique que j’avais composé ce titre. Les Cauboyz ont vraiment mis en valeur “Olympic" grâce à ce clip. J’en suis très content, c’est exactement ce que je m’imaginais. Leur marque de fabrique, c'est le home-made, ils fabriquent des choses que chacun pourrait faire dans sa chambre (en y passant beaucoup de temps). La volonté est de se différencier d'un travail que l’on peut faire uniquement sur ordinateur. Dans ce contexte, la technologie d’aujourd’hui ne sert qu’a filmer ce que l'on peut produire avec nos mains. En fait, je crois que les Cauboyz cherchent avant tout à se faire plaisir en bricolant et en manipulant…

French 79 - Olympic

Ces images sont-elles un clin d’œil au septième art, avec Interstellar ou 2001 l'odyssée de l’espace en ligne de mire?

Au départ, l’idée du clip était que l’on voit un enfant en train de construire son propre univers (en l’occurrence, celui de 2001 l'odyssée de l’espace de Kubrick). Mais au fil du temps et des constructions des maquettes, Philippe (des Cauboyz) m’a dit une phrase très juste: "En fait, c’est nous les enfants dans cette histoire, on se fait trop plaisir à construire et à jouer avec ces maquettes devant un ciel étoilé."

Making off- Olympic

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que tu collabores à un projet mêlant images et musique. Le récent projet 3 mots pour Paris (créé par les studios de production Cokau et HKI qui amène l’internaute dans une expérience digitale) illustre parfaitement cette idée. L’utilisateur doit juste définir 3 mots sur Paris et lance ainsi un film avec comme bande-son le remix de ton morceau « Between the Buttons ». Qu’est qui t’a intéressé dans ce projet ?

C'était une super expérience de revisiter un de mes titres en 9 ou 10 versions différentes, du piano solo à la version jazz ou encore dans une version orchestrée. Quand on m’a proposé ce projet, j’ai tout de suite accepté.

Chaque film est unique mais bercé sur cette même musique, pourquoi ce morceau-là et pas un autre ? 

Ce sont les réalisateurs qui ont choisi ce titre. Je pense que c’est un bon choix car il se prête vraiment bien à l'image qu'ils ont voulu mettre par-dessus. Ce morceau est composé de beaucoup d’arpeggio de synthés, ce qui peut apporter un côté un peu “classieux”. C’est ce qu’ils recherchaient pour illustrer une ville comme Paris.

Le 14 juin, tu passes à la Gaîté lyrique et ta première partie est Blow, dont tu as remixé le track « The Way We Do ». Qu’est-ce qui te plaît dans ce travail de remix ?

Le remix est toujours un super exercice puisque l'on a affaire à des morceaux qu'on n'a pas composés et qu'on ne connaît pas. On sort donc de sa zone de confort. Cependant, cela permet d’aller dans des univers différents et pas toujours intuitifs.

Tu nous lâches un track pour la route ?

Ce que j’écoutais ce matin en arrivant au studio: