Photo en Une : © domaine public

Lancées en 1987 par la division circuits intégrés de l’institut Fraunhofer en collaboration avec Philips, les recherches sur le format MPEG-1/2 Layer III, abrégé en MP3, aboutissent en 1995. Ce format de compression audio avait pour avantage de prendre peu de place, ce qui le rendait facilement stockable et téléchargeable à l'époque de l'ADSL et des lecteurs USB de 512 Mo. Au début des années 2000, le MP3 s’est imposé comme le format de référence pour tous les fichiers et flux audio, accompagnant la démocratisation de l'iPod et autres baladeurs digitaux. Mais une fois l'euphorie retombée, il s'est rapidement avéré que la restitution du son laissait tout de même à désirer ; le MP3 est alors de plus en plus décrié, et à mesure que les capacités de stockage augmentent, le format est progressivement délaissé au profit de l'AAC, de l'AIFF, du FLAC ou du WAV.

« AAC est le nouveau standard pour le téléchargement de musique et de vidéos »


Bernhard Grill, directeur de la division circuits intégrés de l’institut Fraunhofer et principal développeur du MP3, a déclaré à la NPR (National Public Radio) que le AAC était devenu « le nouveau standard pour le téléchargement de musique et de vidéos, ajoutant qu'il était plus efficace que le MP3 et offre plus de fonctionnalités ». L’institut a quant à lui annoncé que son programme de licence pour le MP3 et les logiciels associés, arrivé à expiration en avril dernier, ne serait pas renouvelé. Le développement du format a donc été abandonné, ce qui signifie que ce dernier tombe dans le domaine public ; son implémentation dans des programmes étant désormais libre de droit.

Le MP3 a donc été écrasé par la marche du progrès, et c'est tant mieux. L’avantage du poids plume du MP3 n’est plus d’actualité, et les avancées en matière de stockage de données permettent aujourd'hui de lui substituer des formats non compressés comme le WAV, ou compressés sans pertes comme le FLAC. Fini la compression sans âme et assassine au point de rendre les gens malheureux.

   À lire également
Audirvana, une vraie alternative à Itunes pour les audiophiles


Le regain d’intérêt pour le vinyle pourrait aussi avoir précipité la chute du MP3. Depuis 2010 les ventes de 33 tours sont en constante augmentation, et selon l’antenne anglaise de la Global Entertainement Retails association, association de distributeurs de loisirs européenne, les ventes de vinyles en Angleterre ont dépassé pour la première fois, sur une semaine, celles des musiques dématérialisées en décembre 2016.