Photo en Une : © Denis Messié

Selon le site Gothamist, l'idée d'un conseil supervisé par un maire de la nuit aurait été ébauchée par Rafael Espinal, conseiller à la mairie de New York, avec pour ambition de représenter, protéger et développer la vie nocturne de la ville. Dans la lignée de ce qui se fait déjà à Londres, Amsterdam ou Paris, la création de ce poste permettrait de renforcer le dialogue entre les acteurs d'une industrie représentant 10 milliards de dollars et la mairie. Espinal plaide pour une "politique nocturne raisonnée", et au vu de l'actualité, un décroissement des tensions serait le bienvenu.

La police empêchée de lutter contre le tapage nocturne

C'est ce qu'illustre la récente directive de la police new-yorkaise, la NYPD, qui interdit aux policiers intervenant pour des problèmes de tapage nocturne de pénétrer chez les habitants sans leur autorisation expresse. La nécessité d'une telle directive s'explique par les nombreux procès entrepris et remportés contre la ville, par des habitants se plaignant des intrusions des forces de police. Sans surprises, ces dernières ont accueilli la mesure avec outrage, estimant qu'elle les privait de "l'habilité vitale" à interrompre des soirées hors de contrôle, organisées par des membres suspectés de gangs. Si cette décision semble quelque peu extrême, elle dénote d'une situation qui ne s'est pas dégradée du jour au lendemain. La création d'un conseil de la nuit pourrait ainsi permettre d'apaiser les relations entre riverains et forces de l'ordre, de promouvoir une "culture de la nuit" axée sur le respect mutuel. 

Mais ce sont d'abord les zones concentrant une forte activité nocturne qui seraient concernées, et plus particulièrement les espaces DIY, c'est-à-dire les squats, les espaces autogérés, les entrepôts investis le temps d'une soirée, les résidences d'artistes... Tous ces espaces centralisent et dynamisent la production artistique et culturelle, et ont tout intérêt à être préservés. "J'ai le sentiment que ces espaces sont confrontés à tout un tas de problèmes, de la mise aux normes à la pression du marché immobilier de New York, déclare Espinal. Je veux m'assurer que nous ne soyons pas une ville où les artistes qui veulent s'exprimer sont freinés par la bureaucratie."

Un gérant de club interrogé par Ghotamist ajoute qu'en l'état actuel des choses, "le moindre mouvement de jeunesse ou de contre-culture inoffensif est soit déclaré illégal, soit poussé en dehors de la ville ou dans des espaces underground, sans sécurité ni régulations." Une déclaration qui fait écho au drame de l’incendie du « Ghost Ship » à Oakland survenu en décembre dernier, qui avait fait 36 morts. Tout comme à la chasse aux lieux underground menée par la ville de Los Angeles dans la foulée. 

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Malheureusement, la proposition de Rafael Espinal ne semble pas avoir retenu à ce jour l'attention du maire de New York. La régulation et le développent de la nuit apparaît pourtant comme un enjeu majeur de cette ville au rayonnement planétaire.