Photo en Une : © D.R.

Bien que n’étant pas foncièrement différent d’un synthétiseur hardware « classique », le modulaire a ce truc cabalistique qui le rend particulièrement désirable, avec ses innombrables knobs et boutons, ses câbles multicolores à foison, qui s’entremêlent et replongent dans les entrailles du rack, reliant les modules en des combinaisons indéchiffrables dont résulte une musique tout aussi complexe. La versatilité du modulaire et la liberté de création qui en découle ont séduit nombre de compositeurs renommés, d’Hans Zimmer à Aphex Twin. Dans la scène électronique contemporaine aussi, plusieurs producteurs s’essaient au live modulaire, à l’instar de Surgeon, Steevio ou Blawan ; le Weather Festival avait même consacré en 2015 une scène entière à ces performances, la Modular Stage.

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Monter un modulaire, c’est un peu comme jouer avec des Lego ; sauf que les pièces de Lego font plus mal au portefeuille qu’à vos pieds (c’est dire). Heureusement, le doctorant Johan Eriksson a pensé aux novices hésitant à franchir le pas et a développé le synthétiseur modulaire virtuel Automatonism, version plus extensive de son populaire petit frère, le Xodular. Sans s’embarrasser d’une interface sexy, ce sofware gratuit et open source inclut 67 modules (kick, LFO, filtre, séquenceur, signaux aléatoires, spectrogramme, etc.) connectables à l’envi, et permet de tout comprendre des arcanes du modulaire de la manière la plus efficace qui soit : la pratique.

« La synthèse modulaire, c’est comme le jardinage : les modules peuvent prendre vie et leur interconnectivité suggère la formation d’un écosystème sonore », écrit Eriksson. Pour aider ceux qui n’auraient pas la main verte, il a également mis en ligne quelques Synth Recipes, des tutoriels vidéo pour apprendre les patches rudimentaires, et enregistré un album de 7 tracks intégralement composé avec Automatonism, afin d’en démontrer la puissance.