Photo en Une : © Jeff Mills / DR

"Je voudrais aussi remercier votre pays, la France, et la ville de Paris, d’avoir été aussi accueillante, de m’avoir permis d’y habiter, d’y travailler, et de matérialiser ces idées, ce que je n’aurais sans doute pas pu faire n’importe où ailleurs." Dans son discours de remerciement, le 28 avril dernier, Jeff Mills n'a pas manqué de louanges à l'égard de son pays d'adoption. Quelques jours plus tard, dans les colonnes du Courrier International, et profitant de l’écho que lui apportait cette nomination, le pape de la techno affirmait son point de vue sur la situation de la France, en pleine période électorale.

Faisant écho à la tribune du fondateur de Nuits sonores Vincent Carry, que nous publiions avant-hier, dans laquelle ce dernier écrivait que la France ne devait pas se laisser emporter par les populismes, l’enfant de Détroit renchérit que "Plus les cultures sont mélangées, plus les sociétés sont intéressantes. J’ai choisi de vivre en France parce que c’est une société multiculturelle. Un mélange de gens venus du monde entier, de tous les horizons. C’est ce qui fait la force de votre pays et c’est ce qui doit perdurer." C'est aussi cela qui l'a poussé à déménager de Berlin à Paris : "Quand j’ai commencé à avoir d’autres projets [à Berlin], à vouloir sortir de la musique électronique [...] ça a été plus compliqué. Les limites de la culture à Berlin, c’est qu’ils ne comprennent pas que quelqu’un comme moi puisse vouloir tester quelque chose de différent. À l'inverse, "Paris est une ville où l’industrie et les gens sont connectés dans un vaste processus créatif. Et il y a tout en abondance."

Avant d'enchainer sur la contexte politique actuel du pays, à quelques jours de second tour d'une présidentielle décisive. "En tant qu’Américain, et après ce que nous avons traversé, je réalise à quel point ce scrutin est important, particulièrement pour les jeunes. Les Français vont prendre une décision qui va les affecter durablement, dans les opportunités qu’ils auront, dans leur façon de voir le monde", écrit-il, dénonçant le gouvernement Trump et le Brexit comme des impasses.

Lui qui rêve d’une France "où les jeunes auraient davantage d’opportunités", perçoit encore "trop de barricades, de lignes de séparation entre les gens", et imagine "une France ouverte, davantage tournée vers le futur", avec à sa tête un "gouvernement [qui] doit permettre aux Français de créer plus facilement leur entreprise. Ça changerait beaucoup de choses. Pour les jeunes notamment, qui manquent de possibilités." Le message est clair...

La tribune de Jeff Mills est disponible en intégralité sur le site de Courrier International