Photo en Une : ©Capture d'écran du clip Go Up

Quand on parle des faiseurs de clips en France, Alexandre Courtes fait bien sûr office de référence. Et comme ses pairs Mondino, Gondry, il est aussi intiment mêlé à la musique électronique en France. « Avec les Cassius, on se connaît depuis tellement longtemps… Nous sommes des amis. On s’est rencontré avant qu’ils s’appellent Cassius, quand c’était encore Motorbass avec Étienne de Crecy. C’est vraiment à ce moment-là qu’on a commencé à se connaître. J’avais déjà bossé sur la pochette de Motorbass » confie le réalisateur.

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En 20 ans de métier, Alex Courtes s'est forgé un nom en or dans le monde du clip. Avec Martin Fougerol, son premier associé, ils signent d'abord les clips des Français de Phoenix, Air, Cassius et Daft Punk, surfant sur la vague French Touch et bénéficiant de sa résonance mondiale. Remarqués, Alex & Martin deviendront les pilotes du célébrissime "Seven Nation Army" des White Stripes en 2003. Après quoi, c'est la bande à Bono, U2, qui leur fera les yeux doux : ils réaliseront les deux clips Vertigo (qui leur rapportera un Grammy Award) en 2004 et City of Blinding Lights. Avant de mettre fin à leur collaboration en 2007, les deux hommes auront aussi travaillé avec Jamiroquai, Kylie Minogue, Franz Ferdinand, Kasabian ou encore Wolfmother.

Seul, Alexandre Courtes retravaillera avec U2, puis les groupes Snow Patrol et Kaiser Chief, avant de se lancer dans son premier long format en 2012, The Incident. En parallèle, toujours des clips, notamment pour la musique électronique française. C'est cette même année 2012 qu'il signe le très beau clip, "On'n'On", du duo pionnier d'Ed Banger, Justice, avant de s'atteler à la réalisation du torride "Cochon Ville" de Sébastien Tellier.

 « L’idée de "Go Up", c’était de parler de tout ce qui nous élève, que ce soit la religion, le cul, la drogue, le sport…»

Pour ses compères de Cassius, il a déjà réalisé trois clips : "Cassius 1999" (1999), "I Am a Woman" (2002), "The Sound of Violence" (2002), avant de se lancer dans ce dernier projet, "Go Up". Pour le mener à bien, le cinéaste a eu carte blanche : « Au départ on voulait qu’il y ait un acteur, mais finalement le budget ne le permettait pas. Alors on s’est adapté ». De la, l’idée d’un clip en écran scindé a émergé.

« On est parti sur ce projet de séparer l’écran en deux. De chaque côté de l’écran, il y aurait une vidéo qui n’aurait rien à voir avec l’autre. Mais une fois ensemble, elles en formeraient une troisième. Je voulais m’amuser avec ça », continu Alexandre Courtes pour la forme, avant d’évoquer le fond : « L’idée de "Go Up", c’était de parler de tout ce qui nous élève, que ce soit la religion, le cul, la drogue, le sport… Des thèmes spirituels ou non. Ça a été le point de départ de ma réalisation ». Une entreprise de longue haleine.

Avec son équipe, ils se sont lancés dans l’exploration de beaucoup de banques de données : « Pour ce projet, on a dû faire un gros boulot d’archives avec Zoé Sassier, avec qui j’ai bien rigolé. C’était un long travail d’archivage pour chercher toutes les images. Il a fallu aussi un temps d’adaptation pour trouver notre technique, ce qui a donné lieu à certaines scènes cocasses. Puis, on a commencé à trouver, un système, une façon de travailler, jusqu’à être à l’aise dans l’exercice. À noter aussi que c'est le premier boulot de producteur de Théo Gall, une belle entrée en matière, non ? »

Cassius - Go Up (feat Cat Power & Pharrell Williams)