Sur le papier, We Love Green avait tout pour faire rêver : son lieu, sa ligne directrice environnementale, son emplacement dans le calendrier, sa programmation... Les étudiants sentaient déjà l'odeur des vacances et pour tous ceux qui avaient prévu de rester sur Paris pendant ce week-end de l'Ascension, le festival était bien souligné en rouge sur le cahier de texte. Pour les mélomanes, les programmateurs avaient pensé à tout : rock, pop, folk, rap, électronique, techno... Un beau grand huit des oreilles et des noms alléchants, contemporains — certains pointus, certains fédérateurs, mais tous designés dans un seul but, la bonne ambiance.

We Love Green 2014

Nous commençons à le lire à droite, à gauche sur la Toile, oui le We Love Green n'a pas été tout rose pour certain. L'organisation prise au dépourvu devant une telle affluence, l'attente fut longue à presque tous les niveaux (entrée, bars, toilettes, bouffe...). Mais plutôt que de se focus sur le négatif, nous préférons insister sur un point cher à nos yeux lorsque l'on parle de fest', c'est justement cette bonne ambiance. Certes quelque peu trainée dans la boue suite à cette malheureusement "répercussion de problèmes techniques" nous disait Julie Ganter, directrice de la communication chez We Love Art, l'ambiance pré-estivale était bien là et ça foutait la banane à pas mal de monde. Puis samedi c'était grand soleil, 75° à l'ombre, herbe fraiche encore intacte... il fallait se pointer tôt pour s'apercevoir que ce festival pouvait aussi se consommer tranquillement sur un plaid, dans l'herbe, étoile de mer-style et yeux dans le ciel. Le green kiff. Une dernière chose aussi qui rajoutait à la "frais-tillante" atmosphère, (allez, je vais le dire) vous étiez beaux. Le We Love Green se déroulait pendant ce moment charnière de l'année où les fringues commencent à tomber, les corps se dévoiler, les filles se dénuder. Ce n'est pas encore l'été, mais ça en a l'odeur.

We Love Green 2014© Yulya Shadrinski

Nous, nous avons considéré ce festival comme une sorte de week-end à la campagne, et de ce point de vue, tout n'était que bonus. Et quand on dit "tout", on veut surtout parler de la musique : Joakim, Earl Sweatshirt, DJ Tennis & Luke Jenner, Asgeir, George Fitzgerald, The 2 Bears, soit efficacité et valeurs sûres, découverte pour certain, plaisir de revoir pour d'autre, danse et/ou chill au choix. Quelques mentions spéciales à distribuer : à DJ Spinn et Taso pour leur footwork Tribute to DJ Rashad. Joy Orbison & Boddika et leur excellent B2B de dark techno ainsi que leur digne combat face à Lorde (tant mieux, ça nous faisait que plus de place pour danser). Enfin à London Grammar pour l'impressionnante claque émise par seulement trois petits points lointain sur cette grande scène.

Joy Orbison & Boddika, c'était ça.

Des points négatifs néanmoins, comme l'absence de Jackmaster, ou le problème technique qui sucra la grandiose intro de Foals (nous l'avions vécu à l'Olympia l'année dernière, on peut vous dire que vous avez loupé un truc... désolé). Mais il faut dire ce qui est, le We Love Green édition 2014 était beau à voir, et c'est sans une once d'hésitation que nous y retournerons l'année prochaine.

SBTRKT et sa panthère gonflable / © Yulya Shadrinski SBTRKT et sa panthère gonflable / © Yulya Shadrinski