Photo en Une : © Ozora Festival

Hub principal de la culture psytrance en Europe, l'Ozora Festival fêtera bientôt ses vingt ans. Ce qui n'était, à l'origine, qu'une grosse rave en pleine cambrousse hongroise est devenu un festival inratable pour tous les amateurs de musique psy et d'expériences transcendantes. Véritable immersion au cœur de la culture psychédélique, de ses sons, de ses références et de sa philosophie, l'Ozora Festival est une expérience totale de 7 jours qui ne laisse personne indifférent. Offrant à ses festivaliers une grande liberté, l'Ozora se distingue par son atmosphère unique, sa déco façon village tribal, et un très beau public de passionnés, de freaks et d'apprentis poètes. 

Le 15 avril prochain, le vaisseau Ozora se posera aux Docks de Paris et y libérera tout son univers aliéné et réjouissant. Avec un line-up emblématique du festival (notamment Tristan, Braincell et Justin Chaos) et toute une structure de décorations et de mapping, l'événement recréera "l'environnement d'Ozora à Paris".

David, peux-tu commencer par nous rappeler ton parcours ?

On me connaît mieux sous le nom de Shotu, sous lequel j’ai déjà sorti trois albums. En 2004, j’étais l'un des premiers artistes à intégrer le label Hadra Records. Je suis vite venu m’installer dans la région de Grenoble pour participer activement au développement de Hadra dès ses premiers pas. Niveau son, je suis purement psychédélique : pas trop dark, assez groovy et positif avec un côté plus dur que la progressive ou la full-on – ça vient peut-être du fait qu’à la base, je viens de la hardtek.

Aujourd’hui, tu nous parles de l’événement que tu coorganises à Paris avec l’Ozora Festival. “Ozora : One Day in Paris”, ça consiste en quoi ?

Déjà, il faut savoir qu’Ozora est une vraie institution de la psytrance. Avec l’Universo Paralello, le Boom et le Hadra Festival, il fait partie des plus gros événements du genre. Cela fait quelque temps qu’ils organisent des teaser parties à Goa, Tokyo… Mais c’est la première fois qu’ils posent leurs valises en France – et ils tenaient vraiment à ce que ça se passe sur Paris.

Qu’est-ce qui les a motivé à venir sur Paris ?

Ça fait plusieurs années qu’ils y pensaient, mais ils étaient concentrés sur d’autres villes. La psytrance est pourtant un genre très populaire chez nous, et l’Ozora Festival draine pas mal de public français. Il y avait cette idée de venir à la rencontre de notre communauté, et je crois que cette année, tout était réuni pour que ce soit bien fait.

Comment t’es-tu retrouvé dans ce projet ?

Je suis en contact avec les gars d’Ozora depuis des années, j’y ai joué assez souvent. Quand ils ont eu l’idée de venir à Paris, ils m’ont vite contacté pour proposer l’idée. Au même moment, Base Production – un gros producteur de concerts français – voulait se doter d’une filiale centrée sur les musiques électroniques. Avec Vinz, un ami qui gère Happy Face à Bordeaux, on a sauté sur l’occasion pour monter notre boîte : Twisted Events. Cet événement est le premier que nous organisons sous ce nom, et on en est plutôt fiers.

"À l’étranger, j'entends dire que Paris a la meilleure scène psy en indoor."

Ce qui incarne en premier lieu l'identité de l'Ozora, c’est le line-up ?

Oui. Je devais définir le line-up et j’ai décidé de choisir 5 artistes programmés cet été au festival. Je ne voulais pas ramener de gros headliners comme Ace Ventura ou Ajja, car ils jouent assez souvent sur Paris. Du coup on a Whega, qui est l’organisateur de l’Ozora en Hongrie; Justin Chaos, un artiste établi de la scène psy; Braincell, un petit gars qui fait de plus en plus parler de lui; Driss et moi-même, qui représentons Hadra ; et enfin Tristan, qui est notre tête d’affiche. C’est un line-up qu’on peut qualifier d’assez “dur” ; la France a eu sa période "progressive" mais on avait bien envie de revenir vers des sons moins gentils.

Et visuellement, on y sera vraiment ?

C’était très important pour nous de recréer l’environnement d’Ozora dans la salle. On a un peu été pris par le temps cette année mais on a quand même pu mettre en place pas mal de choses. Je me suis entouré de Tribe of Frog, des Anglais avec qui on avait travaillé en 2006 pour le Hadra. Ils ont des multitudes de papillons fluo qu’ils accrochent en l’air avec des lianes, des fleurs… Ça rappelle carrément le côté nature d’Ozora. Par-dessus, on a récupéré toute l’équipe technique et les décorateurs d’Hadra qui vont aussi faire du très bon boulot. Il y aura une grande déco au-dessus des gens, avec un deuxième plan sur lequel on fera du mapping. Il y aura pas mal d’écrans hexagonaux et puis les papillons.

C'est un coup d'un soir, ou l'on peut s'attendre à vous revoir l'année prochaine ?

Vu comment le premier est accueilli, on commence déjà à réfléchir à l'année prochaine. Ce qui serait fou, ce serait de pouvoir recréer la structure du main-stage d'Ozora, avec son arbre et son cadran de tipis.

ozora festival

Plus généralement, comment vois-tu la scène psytrance en France aujourd’hui ?

La place grossit de plus en plus. À Hadra, on vend les préventes d'un bon nombre de festivals et c’est vraiment la folie. Les Français ont toujours aimé ce genre d’événements ; et ils ont tendance à bouder la France. Quand on vendait les places d’Ozora au début, tu avais 10 000 tickets qui partaient et personne ne venait chez nous ! Pas mal d’associations ont émergé depuis, et je dois dire que je joue de plus en plus en France. La dynamique était assez énorme : à l’étranger, j'entends dire que Paris a la meilleure scène psy en indoor. Elle a presque dépassé ses limites avec trop de progressive, des événements toujours plus gros… Nous, on veut remettre les choses au clair : du pur psychédélique et pas de machine à fric.