Photo en Une : © Bass Expression

Vous retrouverez ci-dessous les informations pratiques des différents évènements et les témoignages d'Hervé, Damien, Alexis, Jérémie, Kevin, Tidjo et Laetitia, respectivement responsables des Manifestives de Toulouse, Paris, Nantes, Marseille, Lyon, Clermont-Ferrand, et Strasbourg. Pour chaque ville, nous leur avons demandé de nous renseigner sur la situation locale, le nombre de free parties par week-end, ainsi que sur l'état d'esprit propre à leur région.

Paris

Situation locale : "La répression se caractérise généralement ici par l’arrivée des forces de l’ordre sur les sites avec des matraques, des gazeuses, de tasers et de boucliers. Comme si nous étions une manifestation avec de fortes violences. En Île-de-France, cela arrive régulièrement. Depuis le début d’année, 3 événements se sont soldés par des violences policières. Ils peuvent aussi nous empêcher d’accéder au terrain, saisir du matériel sans prévenir personne. La dernière teuf, ils sont arrivés derrière le système son et ont arraché les câbles des groupes électrogènes pour les embarquer dans leur véhicule."

Nombre de free parties par week-end : "Au nombre de 4 ou 5."

État d’esprit : "Le mouvement de la free à Paris est identique à celui du reste de la France. On a la même façon de penser, les mêmes principes : l’autogestion, l’autonomie, l’encadrement et la sécurité du public. Nous agissons comme si nous étions des professionnels sur des festivals, sauf que nous sommes des amateurs et que nous faisons ça par passion."

Informations pratiques pour la Manifestive :

"Rendez-vous à partir de 13 heures sur la place Denfert-Rochereau. On descend sur le boulevard Saint-Jacques jusqu’à la Place d’Italie, et ensuite on emprunte le boulevard Vincent Auriol et on redescend sur l’Avenue de France. Nous serons 25 chars, dont certains d’autres régions comme la Bourgogne, le Centre, mais aussi des Belges et des gens de Rouen. On attend pas mal de monde."

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Toulouse

Situation locale : "La répression change en fonction des mutations de préfets. Il y a des saisies et du zèle de la part des forces de l’ordre, ou au contraire une certaine tolérance. Dans notre région, les free ont lieu dans des endroits où les accès sont limités avec des DFCI, des chemins réservés aux pompiers à cause des risques d’incendies. La police vient donc le samedi relever les plaques d’immatriculation de ceux qui se dirigent vers la fête, avant de revenir le dimanche pour reprendre les mêmes plaques. Ensuite pendant la semaine qui suit, les participants se retrouvent avec deux fois 135 euros d’amende. On peut parler de spécificité régionale. Les forces de l’ordre se servent de ce qu’il y a autour d’eux pour sévir. On a aussi eu le cas du préfet de l’Aude qui avait rédigé une circulaire anti-rave party qu’il avait envoyée à tous les maires concernés. À l’intérieur, l'on pouvait trouver tous les moyens possibles pour mettre fin à une free. Et dans la presse il nous avait traités de 'cons et d’irresponsables'."

État d’esprit : "Pour avoir été en Bretagne avant, je peux dire que c’est assez similaire. Il y a une vraie motivation, les soundsystems se soutiennent et communiquent entre eux, notamment grâce au Collectif de la fête libre que nous avons monté il y a deux et demi. Les gens se rencontrent et font les choses de manière intelligente, dans un bon esprit."

Nombre de free parties par week-end : "Difficile à dire car il y a beaucoup de collectifs dans le coin. Mais certains endroits plus propices à la free accueillent une à deux fêtes tous les week-end et toute l’année."

Informations pratiques pour la Manifestive :

"Place Cours Dillon à 14 heures, côté Pont Neuf, pour une fin à 18 heures au Grand Rond."

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Strasbourg

Situation locale : "On a eu un problème pas plus tard qu’il y a 3 jours, dans le cadre de la Manifestive. J’avais l’autorisation de la préfecture et nous avions tout mis en place avec la Sûreté Territoriale. Nous avons finalement reçu un courrier il y a trois jours de la part de la mairie, stipulant qu'elle nous interdisait les chars. Nous avons quand même le feu vert du préfet, donc l’événement est maintenu, avec les chars ! Nous étions pas mal épargnés avant l’année dernière, mais depuis le début d’année nous avons subi quelques saisies. Par exemple, nous avons récemment reçu une amende pour une soirée où il y avait 700, 800 personnes, c’est la première fois. Avant, nous posions du son toutes les deux semaines et nous n’avions jamais de problèmes."

Nombre de free par week-end : "Dans la région, il doit y avoir entre 3 et 5 évènements par week-end."

État d’esprit : "Il y a un peu de tirage dans les pattes entre nous. Il y a plein de petits soundsystems qui se montent et qui veulent poser du son, mais dès qu’il faut faire quelque chose pour le mouvement, il n’y a plus personne. Il faudrait un peu plus de solidarité."

Informations pratiques pour la Manifestive :

"14 heures, Place des Universités à Strasbourg. On fera un cercle dans la ville pour terminer de nouveau là-bas, après une halte à la place Klebert pour distribuer des tracts. On est trois soundsytems, XC6FF, APS et FLS."

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Lyon

Situation locale : "Pour parler de la région Rhône-Alpes, nous ne subissons pas vraiment de répression grave. Il y a des régions en France où la situation est bien pire que chez nous. C’est pour cela que nous participons à cette Manifestive, car nous ne fermons pas les yeux sur ce qui se passe ailleurs. Il y a eu une quinzaine de saisies cette année en France, la plupart ont été restituées et on vient soutenir ceux qui n’ont pas récupéré leur matériel."

État d’esprit : "Comme partout je pense. L’esprit de liberté nous caractérise, nous avons beaucoup de mal à nous dire que si nous voulons faire la fête, ce sera 'tel jour, à tel endroit et à telle heure'. Nous tenons vraiment à cette liberté, c’est le plus important. Nous accueillons tout le monde, on ne va juger sur rien et nous demandons juste le respect du soundsystem et du lieu."

Nombre de free parties par week-end : "Au moins une tous les week-end dans la région Auvergne-Rhône Alpes."

Informations pratiques pour la Manifestive :

"14 h 30 à la Place Bellecour dans le centre-ville de Lyon. Une fois les manifestants rassemblés, nous allons partir avec les chars et les camions. Ce ne sont pas des poids lourds, nous ne sommes pas là pour faire la teuf mais pour manifester. Ce n’est pas dans notre état esprit de jeter des pavés, mais plutôt de jeter de la musique. Deux artistes des Heretik seront là car ils jouent la veille à Lyon et se sentent concernés."

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Clermont-Ferrand

Situation locale : "Il n’y a pas spécialement de répression sur la région. Il y a quand même un dialogue qui est bien instauré avec les forces de l’ordre ici. La tekno est très bien implantée à Clermont, et nous n’avons pas de soucis particuliers. Nous avons quand même des amendes qui tombent et des tentatives d’arrêt de fête, mais la dernière saisie doit dater de 98. C’est surtout la situation nationale qui nous dérange. La répression reste sectorisée. Pour l’instant ça se passe bien ici, comme cela se passait bien en Bretagne jusqu’à pas si longtemps. Sauf qu'un changement de préfet entraîne un changement de politique. La loi ne stipulant pas de procédures, chacun fait comme il l’entend. La Manifestive de Clermont est une coalition de la Bourgogne, de l’Auvergne et aussi du Centre, où il y a quelques problèmes."

État d’esprit : "Dans notre milieu, on peut avoir des points de divergence, mais nous avons tous quelque chose qui va nous unir : la passion et la musique. Que tu ailles en Bourgogne, en Auvergne, en Centre ou en Bretagne, l’esprit de la culture tekno est partout la même."

Nombre de free parties par week-end : "C’est assez aléatoire, je dirais 3 à 4 teufs par week-end et par région."

Informations pratiques pour la Manifestive :

"Rendez-vous à 13 heures avec la mise en place d’un atelier pour que les gens se sentent concernés. On mettra à disposition des cartons, des marqueurs, peintures, pour faire leurs propres affiches s'ils n’ont pas eu le temps au préalable. Il y aura trois arrêts, et nous exprimerons une revendication à chacun d'entre eux, avant d'arriver à un point fixe où un pôle média et un stand de débat ouvert à tous seront mis en place. Il y aura aussi deux dancefloors seront, l’un passera de la dub et l’autre sera plus axé sur des styles free et rave. Mais également un atelier de découverte du mix, format vinyle ou contrôleur, où tout le monde pourra venir essayer. On a voulu montrer que ce n’était pas qu’une musique mais un tout, une culture et quelque chose qui existe depuis 25 ans."

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Nantes

Situation locale : "En Loire-Atlantique, nous sommes assez bien lotis, la relation avec le préfet est plutôt sereine, de même avec les conseillers municipaux. Cela fait longtemps qu’il n’y a pas eu de vraie répression avec des saisies ou des violences de la part des forces l’ordre. Depuis deux ans, il y a eu très peu de demandes de la part des organisateurs, et donc très peu de répression. C’est plus compliqué en Vendée et en Bretagne, où même ceux qui prêtent leur champ sont condamnés. Le fait de choisir Nantes permet de redynamiser le lien entre les soundsystems des Pays de la Loire. La répression en Bretagne nous a donné envie de bouger et de nous rassembler, de soutenir nos collègues bretons."

État d’esprit : "On retrouve beaucoup de diversité dans le public et dans les soundsystems. C’est très éclectique."

Nombre de free parties par week-end : "On doit être à 15 par week-end, qu'il s'agisse de tout petits événements avec 50 personnes comme de grosses teufs avec plusieurs centaines de participants."

Informations pratiques pour la Manifestive :

"Départ depuis la préfecture de Nantes, à 14 heures. Nous passerons ensuite par Commerce pour suivre la ligne de tram, avant de passer entre le CHU et la faculté de médecine. Nous irons ensuite sur l’Île de Nantes à République pour finir sur les quais, où il y a du monde. Nous défendons un mode de vie et une culture, et nous voulons montrer tout notre bonheur, notre partage et la vision d’autogestion propre à la free party."

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Marseille 

Situation locale : "La répression se caractérise par des altercations avec la police, des saisies de sons. Il y a des gars qui bossent toute l’année pour se payer des caissons et qui perdent tout en une soirée. C’est un peu la roulette russe et ça tape tous les week-end. Nous ne sommes pas un mouvement reconnu, c'est donc une prise de tête tous les week-ends. Même si nous sommes un mouvement underground, il y a beaucoup de votants et de gens qui bossent parmi nous, et aujourd’hui, quand nous essayons de demander une autorisation légale à la mairie, les municipalités se passent la balle, ils ne prennent pas leurs responsabilités. Ça devient le jeu du chat et de la souris."

Nombre de free parties par week-end : "Entre 5 et 10 sur la région."

État d’esprit : "Le respect de l’autre, du site, des orgas… ‘Surveille tes potes’, des trucs classiques qu’il y a dans toutes les teufs. Certains esprits peuvent s’échauffer à cause de la pression policière, mais les anciens sont derrière pour canaliser tout ça et expliquer aux jeunes que ça fait partie du jeu et de la culture. Ça fait 20 ans que la police nous court, on a l'habitude."

Informations pratiques pour la Manifestive :

"La consigne, c’est de ramener son slogan, comme 'Nos raisons d’être libre', 'La free c’est comme ta mère, ça se respecte', des choses comme ça... Rendez-vous place Félix Baret devant la préfecture, à 14 heures. On veut faire passer le message : Il faut s’unir pour ne plus subir. Derrière cette culture, il y a de vraies personnes et une légitimité. Beaucoup de tendances sont pompées chez nous, et nous nous restons un peu à poil."

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