Photo en Une : Manifestation à Quimper, décembre 2016 © Le Télégramme / D.R.

Cet appel est signé par le collectif de la Fête libre, le collectif des soundsystems d’Île-de-France, le collectif des Insoumis, le collectif des soundsystems bretons, le collectif ABC, le collectif Résistance Centre, le collectif Réagis-Sons et le collectif des Mineurs de son qui regroupent des organisateurs de toutes les régions françaises et participant à cette journée nationale. Il est également publié dans le Trax #200, actuellement disponible en kiosque.

Le 18 mars 2017, nous, collectifs d’organisateurs, associations, artistes, techniciens, bénévoles et publics de la Fête libre, seront présents dans les rues de six grandes villes de France. Nous manifesterons pour défendre la culture de la free party à Toulouse, Nantes, Paris, Marseille, Lyon et Clermont-Ferrand. Plutôt habitués à nous rassembler de nuit pour partager notre conception de la fête et de la culture amateur, nous avons décidé de nous retrouver en plein jour et de défiler en dansant dans la rue, comme nous l’avions déjà fait par le passé.

Nous souhaitons aller à la rencontre de tous, casser les mythes et montrer la richesse de notre culture, notre générosité, notre engagement bénévole et citoyen. Nous nous adressons aussi aux élus en poste et à ceux qui le seront un jour, que ce soit dans les collectivités locales, les deux assemblées ou la présidence de la République.

Nous voulons vous dire notre déception et notre colère grandissante.

Déception de voir que, depuis 2002, les engagements pris par les différents gouvernements ont toujours été reniés. On nous avait promis des terrains pour faire nos fêtes, du soutien pour nos projets mais rien ne vient. Colère contre les violences policières et un ministère de l’Intérieur qui soutient l’insoutenable, les coups de matraque et les saisies abusives de matériel. Colère encore contre des élus locaux qui, au lieu de proposer des solutions, font tout pour interdire nos fêtes… Et les repousser sur la commune d’à côté.

Révolte enfin contre un cadre légal inadapté, qui pousse à la confrontation physique entre teufeurs et forces de l’ordre. Trop nombreux sont les moments festifs qui dégénèrent en affrontement.

Nous demandons :

- L’arrêt immédiat et définitif des saisies de matériels et d’instruments de musique et la suppression de la loi d’exception qui les autorise depuis 2002.
- L’arrêt immédiat des procédures abusives et des violences policières contre les organisateurs et les participants.
- La possibilité d’avoir accès aux terrains publics inutilisés et exploitables pour nos fêtes.
- Un vrai changement dans la façon dont les mairies et les préfectures nous répondent quand nous les contactons.
- Une prise en compte de la fête libre en tant que pratique culturelle amateur à part entière.
- Un vrai soutien pour les actions de réduction des risques, car NOUS sommes responsables ! Nous ne voulons plus être les victimes collatérales de votre guerre à la drogue !

Nous ne demandons pas de promesses car, comme beaucoup de Français, nous n’y croyons plus. Nous vous informons juste que nous sommes là, que nous nous engageons depuis 25 ans pour faire vivre cette culture et que lorsque vous serez élu, qui que vous soyez, il faudra compter avec nous. Si vous souhaitez agir en élu responsable, si vous voulez rétablir le dialogue et faire une place à notre culture, nous sommes prêts.

Si vous ne le faites pas, nous ne pourrons que déplorer le fossé grandissant entre les élus et la réalité des pratiques de Français. Mais surtout, nous continuerons à danser.