Photo en Une : © La Dêpeche

S’il est aujourd’hui devenu LE club incontournable de Toulouse – et ce d’autant plus depuis la fermeture de l’Inox –, le Bikini est avant tout une salle de concert, dont la scène a été tenue depuis son ouverture en 1983 par les plus grands groupes de rock de France et de Navarre, de La Mano Negra aux Bérurier noir. Ah, et vous vous souvenez de ce 5 décembre 1998, où Laurent Garnier y jouait accompagné d’un batteur, d’un violoniste et d’un saxophoniste, avec des danseurs faisant tournoyer des bolas enflammées derrière lui ? Moi non, mais j'aurais bien aimé.

Laurent Garnier au Bikini, 1998

L’explosion de l’usine AZF en 2001 avait soufflé le bâtiment situé chemin des Étroits, sur les berges de la Garonne, et contraint les propriétaires à changer d’adresse ; le Bikini rouvre ainsi en 2006 à Ramonville, en banlieue de Toulouse, dans une salle de 1 500 places conçue par l’architecte Didier Joye – il se dote également de l'un des meilleurs système son club de l'hexagone ainsi que d’une terrasse bornée de palmiers, avec vue sur une piscine dont la légende raconte qu’elle serait parfois accessible au public.

   À lire également
Angleterre : un ancien punk (re)transforme une église en club

Laissé à l’abandon, l’ancien Bikini devient un spot prisé des tagueurs, occasionnellement investi comme squat, avant d’être remis sur le marché immobilier en 2015. "Terrain de 1 500m²,  salle de concert de 275m² + toulousaine [une petite maison avec jardin] de 220m². Piscine. Places de parking. Gros travaux à prévoir" stipulait l’une des dernières annonces en date, avec un prix fixé à 340 000 € – sans compter les travaux estimés à 200 000 €.

bikini

Le lieu vient d’être racheté par Florence Raynard, qui prévoit de le réaménager pour en faire sa résidence doublée d’un espace de travail, où elle enseignera le Reiki, une méthode de soins alternative japonaise. Le bâtiment devrait être presque entièrement détruit et reconstruit ; la fin de nos espoirs de voir la bâtisse bariolée de tags reconvertie en club warehouse, d’assister à des DJ sets dans la piscine vide de 105 m3 à la manière du Stattbad de Berlin. Les nostalgiques de l’ancien Bikini trouveront sans doute quelque consolation en consultant La mémoire du Bikini, un site collaboratif où sont compilées les photos prises par le public des concerts depuis l’ouverture de la salle. Et pour aller de l’avant, rendez-vous devant Charlotte de Witte et Shlømo le 25 mars prochain, lors de la 31e édition des Curiosités du Bikini.

Source : La Depeche