Photo en Une : ©D.R.

Sous le nom barbare d’"Asymétrie optimale et autres paramètres de mouvement caractéristiques d’une danse féminine de haute qualité", cette étude a été menée sur les enregistrements en motion capture de 39 femmes, de 18 à 30 ans, en train de danser sur un même rythme à 125 bpm – des enregistrements transposés sur des avatars 3D, afin que le physique des personnes filmées ne devienne pas un critère de jugement. 200 personnes majeures – 57 hommes et 143 femmes – leur ont ensuite attribué une note allant de 1 à 7 et portant sur la "qualité" de leurs mouvements. Par qualité, il faut ici comprendre attractivité ; les chercheurs partent en effet du postulat que la danse survient le plus fréquemment dans un contexte de séduction, afin d’attirer un potentiel partenaire. Un point de départ qui soulève une question épineuse ; n’est-il donc pas possible de "bien" danser pour soi-même, sans être dans la séduction ?

L’étude conclut à l’existence de trois types de mouvements incontournables pour briller sur le dancefloor ; il s'agirait d’effectuer d’amples balancements de hanche (aka "shaker son booty") et de bouger ses cuisses et ses bras de manière asymétrique ; sans tomber dans le "mouvement pathologique incontrôlable", précisent les chercheurs. Merci.

Savoir danser = assurer la survie de l'humanité

Afin d’expliquer l’attractivité de ces mouvements, l'étude s'appuie sur d'autres travaux qui mettent en évidence des différences physiologiques et comportementales entre hommes et femmes ;  comme le déhanché d’un homme diffère de celui d’une femme, les mouvements de hanche et de cuisse seraient donc perçus comme une accentuation de la "féminité" physique d’une personne. Idem pour les bras, les femmes ayant tendance à plus bouger leurs mains que les hommes. Ces mouvements témoigneraient aussi d’une motricité exemplaire, donc d’une bonne santé.

La problématique sous-jacente est toujours la même : le sexe. Ou plutôt, la fécondité présumée de la personne, et donc son aptitude à perpétuer l’espèce. Si ces considérations de chasseurs-cueilleurs peuvent nous paraître marginales, de nombreux travaux montrent qu’elles seraient en fait profondément ancrées dans notre inconscient – d’où l’existence d’études intitulées "les effets des cycles d’ovulation sur les montants en pourboire des lap dancers"…

En annexe, les chercheurs ont mis en ligne une vidéo de "bonne danseuse" provenant de leur étude. Pas d'inquiétude cependant, si cette chorégraphie ne vous semble pas adaptée à vos soirées hardtek ou drone expérimental : que vous dansiez comme John Travolta ou comme un ficus, vous en deviendrez quand même une personne meilleure.