Photo en Une : Razzle-Dazzle camouflage © Dag insky

C’est tout en haut que ça bloque, affirmait, dépitée, l’équipe du Razzle le 31 janvier dernier, par voie de communiqué. "Le sénateur-maire de Lyon et président de la métropole Gérard Collomb s’oppose au Razzle, pour des motivations qui nous échappent. Sans jamais nous laisser l’opportunité d’une rencontre." À ce jour, un rendez-vous avec le maire n’a toujours pas eu lieu, malgré de nombreux soutiens et l’indignation suscitée par la non-ouverture du lieu, qui devait accueillir dès le 19 janvier un club et un restaurant. Dépitée, Rihab Hdidou, codirectrice du Razzle et chargée de communication, ajoute même que cette mobilisation spontanée s'est retournée contre eux, et que la mairie s'est "braquée".

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Un manque d'emplacements sur le secteur fluvial

La métropole a répondu mardi 7 février aux questions du journal local Petit Bulletin, et argue d’une décision motivée par le manque d’emplacements fixes disponibles sur le secteur fluvial du Grand Lyon ; priorité à la circulation, on ne souhaite pas "accroître le nombre de bateaux stationnaires." Un argument établi, comme en atteste le témoignage de Romain Blachier, en charge de la culture dans le 7e arrondissement ; lui, souhaitait accueillir le Sonic, une péniche-club rock de la ville, et s’est vu opposer un refus au même motif.

Comment le projet a-t-il alors pu s’approcher autant de la complétion, s’il était condamné d’avance ? Selon Roland Bernard, conseiller délégué en charge du Fleuve et de ses Aménagements, un refus avait été adressé à Mona Van Cocto, le propriétaire du groupe qui possède le Razzle, mais aussi le Batofar à Paris et l'I.BOAT à Bordeaux, par courrier dès le 17 août 2016. "Ils ont tout fait à l'envers, ont acheté le bateau, entamé des travaux, sans vérifier la disponibilité d'un emplacement ni solliciter une autorisation. Ils sont venus me voir en dernier."

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Deux version des faits

Lorsque nous l’avons contactée, Rihab Hdidou a souhaité apporter des clarifications à ce sujet : "Nous avons d’abord posé une option sur le bateau en 2013 et l’avons présenté à la métropole dans la foulée ; personne ne nous parlé du manque d’emplacements. À aucun moment, nous n’avons fait les choses à l’envers : on ne demande pas un emplacement sans bateau ! C’était une garantie pour monter notre dossier, montrer que nous étions des gens sérieux. Depuis 2014, nous avons sollicité des dizaines de rendez-vous auprès de la mairie, je ne comprends pas pourquoi ils ont attendu aussi longtemps pour nous répondre. Nous n’aurions jamais avancé si nous avions imaginé que le projet serait refusé."

Du côté de la mairie, on évoque un "forcing". Roland Bernard ajoute qu’une réputation de mauvais payeur précède Mona Van Cocto. "On parle d'embauches illégales, de salaires non versés, d'artistes non payés […] Impossible de favoriser un projet pas clean." Rihab Hdidou rétorque que Van Cocto n’a jamais été le gestionnaire des autres lieux qu’il détient. "Mona est à l’origine des projets, il intervient au niveau de la levée de fonds, mais il n’a jamais eu de lien direct avec la gestion des lieux. Le Razzle, comme le Batofar ou l'I.BOAT, est exploité par une équipe indépendante et autonome." Et d’ajouter que le vaisseau lyonnais s’apprêtait à signer 30 contrats en CDI. "Tout ce que nous souhaitons, c’est débloquer la situation, ajoute-t-elle. Nous sommes dans une démarche d’apaisement et de conciliation."

Source / Le Petit Bulletin : Razzle : les raisons d'un refus