À mesure que l’enquête progresse, la rumeur selon laquelle la fusillade serait liée aux cartels de la drogue se confirme – une hypothèse d’abord écartée par les autorités, qui évoquaient une dispute entre deux hommes armés.

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L’événement qui s’est produit hier laisse peu de place au doute : un journal local rapporte que quatre bâches ont été érigées à Playa Del Carmen, portant l’inscription manuscrite suivante : "Ceci est une démonstration que nous sommes ici parce que Philipp BPM n’a pas [suivi les règles], ce n’est que le début et nous allons couper les têtes [des membres d’autres gangs], sincèrement, El Fayo Z de l’ancienne école." (sic)

Un message attribué au cartel de Los Zetas – l’un des plus violents du Mexique – dont "Fayo Z" serait l'un des leaders, opérant au nord la région de Quintana Roo.

Fox News rapporte les propos d’un résident sous couvert d’anonymat (à prendre donc avec des pincettes) : "ce qui se trame derrière tout ça est une guerre de territoire. Les Zetas ont tenté d’extorquer de l’argent aux organisateurs du BPM Festival, mais ceux-ci ont refusé en disant qu’ils avaient déjà payé leur part à d’autres organisations."

Avant-même l’érection des bâches, la maire Cristina Torres Gómez a annoncé lundi que les festivals de musique électronique n’étaient plus les bienvenus à Playa Del Carmen : "Nous voulons que ce type d’événements disparaisse d’ici, […] nous n’en autoriserons pas un autre." L’Arena Festival, prévu du 1er au 7 février, a ainsi été annulé.

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Quintana Roo est réputée être moins touchée que d’autres parties du Mexique par les guerres de gang et le narcotrafic ; une situation liée à sa richesse et au tourisme balnéaire, qui y est très développé. Pourtant, un promoteur de Playa Del Carmen confie à Reuters que les cartels opèrent maintenant dans la région, et rapporte le cas d’un homme armé qui se revendiquait d’un cartel de la drogue, demandant l’accès à l’un de ses événements pour vendre ses produits ; le personnel de sécurité l’aurait laissé entrer pour éviter le conflit.

"Ils se battent tous pour le contrôle de la région […] c’est une agression envers tous les promoteurs de musique électronique au Mexique, et une plaie ouverte pour la communauté entière."

Le Mexique est gangréné par le narcotrafic depuis des décennies, et les destinations touristiques représentent un marché à conquérir – la ville portuaire d’Acapulco est ainsi devenue ces dernières années la triste vitrine des guerres de territoire et de la violence qui en découle. Sans nier que la consommation de drogues est immanquablement liée aux contextes festifs, et donc à un événement tel que le BPM Festival. Il faut cependant s’interroger si l’interdiction pure et simple de tout événement électronique est une solution efficace. Selon Stefanie Jones, directrice de la campagne #SaferPartying de l’organisme Drug Policy Alliance, contactée par Thump, "cela n’arrêtera pas la violence. Seul un changement de notre politique autour des drogues pourrait faire cela, en régulant ce commerce et en le retirant des mains des criminels."