Photo en Une : Charlotte de Witte © Lightbox Revelation


Pour comprendre l'histoire de Charlotte de Witte, il faut se plonger dans la scène électronique des années 2010, et plus particulièrement celle de Gand, en Belgique. C'est dans cette ville que l'artiste a grandi, fait ses premières sorties et découvert la musique électronique. Âgée de 17 ans, Charlotte tombe dans l'électro-house qui sévit dans les nuits de Gand. C'est à la même époque qu'elle commence à produire. "Lorsque je me suis mise à la musique, je me suis acheté un équipement vraiment pourri pour mixer chez moi. Vers l'âge 17 ans, j’ai été impliquée dans un accident de la route. Je conduisais mon scooter pour aller à l’école quand une voiture m’a renversé", raconte-t-elle. "Je suis bien tombée et j’ai gardé des cicatrices de l’accident. La compagnie d’assurances m’a donné pas mal d’argent en compensation. Je me suis précipitée pour acheter des CDJ, un mixeur Pioneer et un MacBook pour produire. Donc on peut dire que c’est grâce à cet accident que j’ai véritablement commencé ma carrière."

Logiquement, elle est d’abord influencée par son environnement. “J’étais assez jeune, dans la plupart des clubs underground de Gand, c’était la musique électro qui prévalait. Petit à petit, j’ai compris que cette musique commençait à mourir. Crookers ou les Bloody Beetroots étaient énormes pendant un moment, puis le mouvement s'est essoufflé”, explique-t-elle. "En grandissant, j’ai commencé a apprécié la techno, que je trouve plus chaotique et incisive que l’électro."

Charlotte de Witte au Putrock Festival © Fille Roelants Photography

Et elle n'est d'ailleurs pas la seule à avoir pris la tangente. Au début des années 2010, nombreux sont ceux qui se détournent de la turbine pour rejoindre le clan de la techno. Mais pas tous : "Certains DJ's belges ont fait le choix de partir sur l'électro-house et l’EDM, qui est beaucoup plus commerciale…” Une techno qui, chez Charlotte de Witte, se transforme en quelque chose de très sombre. D’où lui vient cette noirceur ? Elle qui considère qu'il y a plus d'émotion dans la dark techno que dans la happy house a la réponse : "Beaucoup de gens me demandent ça mais je suis inspirée par beaucoup de choses sans m’en rendre compte. Je n’ai pas eu une enfance difficile ni rien. Je dirais que je suis certainement inspirée par les conversations et les sons des clubs que je fréquente. Même lorsque je regarde mon chien, je peux trouver l’inspiration ! (rire)"

Charlotte de Witte - Sehnsucht

Quoi qu'il en soit, le concept marche, Charlotte de Witte peut se vanter d'être suivie par une large communauté de fidèles, avec déjà plus de 130 000 fans sur sa page Facebook. Elle, qui, il y a quelques années, n’était qu'une anonyme dans la foule, joue aujourd'hui dans des clubs prestigieux et des festivals de renom comme l'ADE. Sans compter ses titres de "#1 Best Producer", "#2 Best Radio", "#3 Artist Of The Year", "#3 Best Song" avec son Weltschmerz et "#3 Belgian DJ Top 100" reçus à Red Bull Elektropedia. Un succès qu'elle prend avec beaucoup de détachement et qui ne change pas énormément sa vie. "J'aime beaucoup sortir mais il y a certains clubs où je ne vais plus car j'ai l’impression d’être observée et jugée. Je ne peux pas être moi-même, me lâcher ou tout simplement me saouler si j'en ai envie. Mais je peux encore marcher dans la rue sans que l’on m’arrête", ironise-t-elle. "On ne peut pas aspirer à devenir DJ international sans accepter ce côté-là.

Charlotte de Witte - Weltschmerz

Avant d’être bookée dans les grands clubs, Charlotte de Witte avait déjà percé avec l'alias Raving George, sous lequel elle a sorti quatre EP en deux ans, entre 2013 et 2015. "Pour mettre mes mix en ligne, il me fallait un nom, et je ne voulais pas être cataloguée comme une femme. Donc le surnom de Raving George est venu assez naturellement. Je ne voulais pas que les gens m’écoutent parce que j’étais une femme. Et puis ça faisait un bon effet de surprise quand ils venaient me voir jouer.

“Je demande toujours aux promoteurs de ne pas mettre de rose ou de diamants sur le flyer. Ca ne me correspond pas !"

Raving George - Alternate

Celle qui a décidé de gérer elle-même ses RP et ses réseaux sociaux – pour plus de contact avec son public – se permet désormais d’être plus difficile quant aux propositions de gigs. "Je ne suis pas une fan d’événement bling-bling, je leur demande toujours de ne pas mettre de rose ou de diamants sur le flyer car c’est quelque chose qui ne me correspond pas ! C’est très clivant et je ne vais pas jouer en bikini ! Je suis fille unique et j’ai grandi entourée de six garçons, qui étaient quasiment des frères. Donc je voulais être comme les garçons. Et aujourd’hui encore, j’ai envie de faire partie des 'guys' de la techno !"

Klub Goud © kemizz

Son prochain EP, Our Journey, sortira le 23 janvier sur Sleaze Records. Une signature qui s'est réalisée lorsque Hans Bouffmyhre, le boss du label de Glasgow a répondu, au cours de l'été, aux très timides mails que Charlotte lui envoyait. Séduit par ses productions sur d'autres labels, Bouffmyhre lui demande des morceaux, toujours dans cet esprit minimaliste. "Je suis une adepte du less is more. Je travaille avec peu d’éléments mais j’essaye d’en tirer la quintessence. C’est pour cela que j’aime la techno, c’est un genre qui peut être agressif et répétitif, mais toujours aussi fascinant et transcendant.

Charlotte de Witte - Trip  

Charlotte de Witte en mode bedroom producer © Facebook

 

A propos du mix : 

"Pour moi, ce mix est vraiment spécial. Ca n'arrive pas souvent que tout trouve si bien sa place lorsque l'on travaille sur un podcast. Tous les samedi soirs, j'ai un créneau d'une heure à la radio également, mais celui-ci fait sens à 100% dès le début. 

J'y ai inclus de nouveaux tracks perso et d'autres réalisés par certains amis DJ's. Je suis tombé sur quelques tracks sur Beatport qui feront partie de mon live set pour pas mal de temps. J'aime particulièrement le track d'Avgusto et le remix de Moerbeck. Ils sont mortels.

Je dois en également remercier mon ami Trixy pour le remix de Moerbeck. Elle a joué ce track au Decadance, un club de Gand, pour le Nouvel An, c'est comme ça que j'ai connu ce son. J'adore les vibes hardtechno / schranz qu'on ressent dans ce morceau. C'est juste tellement agressif, et vraiment trippé, c'est ce que je préfère dans la techno."

 

Tracklist du podcast :

Danny Kotz feat. Avi Caspi - Reject (Original Mix)
Charlotte de Witte - … (Original Mix) - Unreleased
John V - Perfect Square (Original Mix)
Caremajo - Syndrome (Under Black Helmet Remix)
Amotik - Nau (Original Mix)
Charlotte de Witte - Watching (Original Mix)
Looper - Paranoid (Original Mix)
Regal - Acid Is The Answer (Dub Mix)
Avgusto - 0018 (Original Mix)
Alchemyst (AR) - Lucy (Moerbeck Remix)
Slam - Dark Manoeuvres (Obscure Shape & SHDW Remix)
Duel Fuel - Japanese Nightmare (Wex 10 Remix)