Le 1er décembre 2016, l'association Techno+ publiait un communiqué sur sa page Facebook : "à 20h, [la veille] les volontaires ont vu des gendarmes faire irruption en pleine réunion associative dans nos locaux parisiens. S'en est suivi le contrôle et la fouille de toutes les personnes présentes, l'arrestation de deux volontaires (toujours en garde à vue) la perquisition du local avec la saisie d'un certain nombre de papiers et enfin la saisie du camion de l'association”.

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A cet instant, les membres de Techno+ ne connaissaient pas les raisons de tels agissements de la part des autorités. “Si des documents et des biens de l'association ont été saisis lors de la perquisition, nous ne connaissons pas, à ce jour, les raisons qui ont motivé la présente commission rogatoire et nous sommes nous-mêmes dans l'attente des suites de cette affaire”, poursuivait Techno+ dans son communiqué. 

Aujourd'hui, les raisons, qui sont difficiles à différencier d'un message politique, sont plus claires. L'association vient donc de publier un deuxième communiqué sur son site officiel. Intitulé "Mais qui veut la peau de Techno+ ?", en voici quelques extraits. 

"D’après un responsable de l’enquête, le juge d’instruction va bientôt avoir sur son bureau un dossier complet contre Techno+. Il devra alors décider de la mise en examen ou non de l’association. Allons-nous vers un nouveau procès de la politique de réduction des risques liés au usages de drogues (RdR), du mouvement tekno, ou bien les deux à la fois ?

[...]

"A l’origine de l’affaire, il y aurait une plainte déposée il y a presque deux ans. Nous n’en savons pas plus. Ceci a permis le démarrage d’une enquête sur l’association avec écoutes téléphoniques et filatures régulières de membres de Techno+. Notre association ne s’est jamais cachée d’être composée en grande partie de teufeurs consommateurs de drogues, c’est ce que l’on appelle la santé communautaire, c’est même inscrit dans nos statuts ! C’est d’ailleurs à ce titre que nous sommes financés par les pouvoirs publics depuis près de 20 ans pour mener des actions de réduction des risques liés aux pratiques festives. Techno+ est aussi ouvertement en faveur de la légalisation des drogues."

[...]

"C’est une question politique des drogues dans laquelle s’affronte 2 visions. L’une visant l’objectif d’un monde idéal sans drogue et l’autre visant à en réduire les risques car il n’existe pas de société sans drogues. Déjà, en 2002, Techno+ a fait l’objet d’une telle enquête qui a abouti à un procès pour incitation à l’usage de drogues. Or, c’est bien ce qui était reproché à l’époque à l’ensemble des acteurs de RdR. Aujourd’hui, les programmes en place comme les salles de consommations, l’analyse des produits, l’intervention de proximité, sur Internet ou auprès des usagers-revendeurs sont régulièrement accusés de faciliter l’usage de drogues. N’étant ni une association de professionnels, ni un établissement médico-social agréé, Techno+, comme quelques autres structures, représente une cible facile pour les détracteurs de cette politique de santé." 

Bande dessinée publiée par Techno+

Aujourd'hui, l'association demande la restitution de son matériel (camion et ordinateur) saisi lors de l'opération et qui empêche le staff de mener à bien ses actions. Dans un autre temps, Techno+ réclame "une nouvelle modification de la loi de santé publique afin que tout intervenant de RdR, dans le cadre et pendant son activité, soit protégé du délit de facilitation de l’usage de drogues car oui, le but de notre action est de faciliter l’usage à moindre des risques des drogues pour ceux qui ont décidé d’en consommer.