"Certains d’entre vous auront peut-être constaté un manque de réactivité de notre part suite à vos récentes commandes", commence le texte posté sur Facebook, via la page du disquaire Somewhere in Detroit, le shop physique de Submerge. Mike Banks explique que la raison première de ce silence est due au fait que sa sœur Bridgette, qui gère la distribution postale de Submerge, est malade depuis décembre et dans l’incapacité de travailler.

Après avoir détaillé la procédure à suivre pour les personnes souhaitant être remboursées, il enchaîne sur un constat accablant de la situation pour les labels indépendants à Detroit.

"Notre situation est difficile. Si vous aimez les vinyles, vous comprenez et appréciez déjà que parfois, il faut s’armer de patience (…) Les délais de traitement sont d’environ 6 mois maintenant, et cela est dû au regain de popularité du vinyle. Les facteurs qui affectent négativement le délai de traitement sont les suivants : plus de contrôles de sécurité pour les envois aériens ; les majors se sont mis à represser des classiques du rock, du disco et de la soul, et les nouveaux petits labels et particuliers, qui peuvent survivre financièrement à un délai de traitement si long, paient souvent les fabricants à l’avance."

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 "Toutes ces commandes additionnées pour seulement une poignée d’entreprises a créé un embouteillage dans les usines de pressage. Les usines traitent logiquement les petites commandes en dernier et privilégient ceux qui paient à l’avance ou pressent de grandes quantités (qui pourrait les blâmer ?) !!"

Mad Mike ajoute qu’avec les délais dont disposent les distributeurs pour payer les labels, il faut neuf mois pour que l’artiste soit rémunéré après avoir lancé le pressage de son vinyle. Des années 80 au début des années 2000, ce délai était selon lui de 1 à 3 mois.

"Cette situation est très difficile pour les labels de Detroit, vu que nous ne disposons pas des fonds de caisse nécessaires pour tenir 9 mois. Nous comprenons que pour survivre et demeurer dans ce stade olympique de la musique électronique que nous avons contribué à bâtir, nous devons nous adapter."

"Bientôt, nous allons mettre en place sur Bandcamp un service de distribution qui proposera des releases de UR et de Red Planet masterisées digitalement par DJ Skurge de UR en personne, et d’une qualité introuvable ailleurs sur le Web (tout ce que l’on trouve de ces labels sur Internet, ce sont des sons de basse résolution ou des rips de vinyles, et la quasi-intégralité de ces fichiers sont illégaux !!!)"

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Une excellente nouvelle pour les fans de techno, qui rappelle cependant la rude vérité qui se cache derrière les chiffres mirobolants des récentes ventes de vinyles. Quand ces ventes se sont effondrées avec l’arrivée du CD dans les années 90, de nombreuses usines de pressage ont été contraintes de fermer lorsque les majors ont cessé de passer commande – celles qui ont survécu doivent énormément à la persévérance des labels indépendants. Ce sont ces mêmes labels qui se retrouvent aujourd’hui dans une situation de concurrence aux airs de David contre Goliath.

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