Photo en Une : ©Audirvana

Après quelques années marquées par un engouement immodéré pour le format MP3 ultra-compressé, le digital peut-il se réconcilier avec les audiophiles ? Avec l’augmentation de la capacité de stockage des disques durs embarqués et la baisse de leur prix, la taille des fichiers n’est plus un problème et l’on peut se laisser aller à constituer une bibliothèque de musique en formats non compressés (WAV) ou compressé sans pertes (FLAC, ALAC).

C’est aux personnes à la recherche d’une écoute optimale de fichiers digitaux que s’adresse le logiciel Audirvana. Disponible à l’heure actuelle exclusivement sur Mac – une version Windows est en cours d’étude –, ce lecteur se positionne comme une alternative audiophile à iTunes, dont il entend contourner les défauts inhérents.

Un défaut bien connu du lecteur d'Apple est qu’il ne lit pas le FLAC, un standard en matière de format audio compressé sans pertes (comprendre : un format encodé pour peser moins lourd sans aucune diminution de la qualité sonore). Sur ce plan, Audirvana lit sensiblement tous les formats audio existants. Les classiques (WAV, AIFF, Apple Lossless, FLAC, M4E, MP3), mais aussi des formats moins courants comme APE, ISO ou DSD, le format des Super Audio CD, qui propose un échantillonnage 64 fois supérieur aux CD standards.

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Les améliorations d’Audirvana ne se limitent cependant pas à la compatibilité de formats. Damien Plisson, son créateur, nous explique que le but du logiciel est de proposer une lecture "bit-perfect" : "Cela revient à s’assurer qu’aucune modification n’est apportée au son qui est envoyé au logiciel, donc pas de plug-ins, pas de modification du volume. L’optimisation est faite au plus près des couches basses de l’OS."

Pour atteindre cette transparence, Audirvana contourne l’interface native d’Apple (Apple Core Audio), en lui substituant son propre algorithme iZotope. Sur le graphique ci-dessous provenant du site cuk.ch, un test comparatif met en évidence que le simple fait d’utiliser l’interface d’Apple crée des sons parasites. "Ces ordinateurs sont vendus pour un usage généraliste, les composants internes ne sont donc pas spécialement dédiés à l’audio", explique Damien Plisson.

audirvana

Audirvana va désactiver les processus superflus et préparer les données audio en amont de leur lecture, ce qui réduit les parasites. Le logiciel intervient aussi au niveau du DAC ; convertisseur numérique-analogique, la partie matérielle qui transforme le signal numérique (des informations encodées) en signal analogique (un son). Il peut s’agir de la carte-son de l’ordinateur ou d’un boîtier externe. La fréquence d’échantillonnage (le nombre d’échantillons sonores joués par secondes, 44 100 dans le cas d’un CD) du DAC va être réglée sur celle du fichier d’origine, afin qu’il n’y ait aucune conversion qui puisse engendrer des pertes de qualité. Les traitements sont effectués avec une précision de 64 bits (sachant que les CD standards sont encodés à 16 bits), ce qui permet de conserver toute l’amplitude et la précision du signal sonore. Cela rend naturellement Audirvana plus gourmand en ressources qu’un lecteur comme iTunes ou VLC.

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"Je suis capable d’entendre la différence de qualité sur les haut-parleurs de mon MacBook, affirme Plisson. J’entends déjà une meilleure spatialisation, où la scène sonore paraît plus large que le haut-parleur lui-même, plus profonde aussi. Si vous avez des enceintes de bonne qualité, vous entendrez d’autant mieux la présence des basses. Bien sûr, la différence sera plus frappante si vous utilisez des formats non compressés."

Audirvana gère aussi nativement le streaming des catalogues haute résolution Qobuz, Tidal et HIGHRESAUDIO, avec une qualité qui dépasse celle de leurs lecteurs respectifs. La navigation dans les librairies et la gestion des tags est quant à elle calquée sur celle d’iTunes, et le logiciel est compatible avec la A+ Remote. La dernière mise à jour apportait aussi un accès plus rapide aux fichiers, ainsi qu’une analyse de la dynamique sonore des pistes pour ajuster automatiquement le volume moyen et pallier les variations en lecture aléatoire.

Si le prix de 59 € pourra en refroidir certains, la version d’essai de 15 jours est, elle, entièrement gratuite et vous permettra de vous faire votre propre idée. Attention cependant : cela pourrait bien être un pas de plus dans la quête du son parfait, qui vous conduira à terme à faire installer chez vous un pylône électrique privé.

Omar S - Bitch... I'll Buy Another One!!!