Photo en Une : © Jeanne Lepreux


Avec une programmation artistique clairement axée sur les musiques électroniques (techno, hardcore, frenchcore, trance, etc.), la Fabrique reste un des rares clubs du Sud-Ouest à recevoir des artistes tels que Zadig, Dr Peacock ou encore la bande des Heretik System. Malgré des soirées “se déroulant dans de bonnes conditions”, d'après le propriétaire des lieux, Eric Bergeret, les contrôles de police ont été multipliés aux abords de la Fabrique. “Considérant l’endroit comme un rassemblement de toxicomanes, la préfecture nous a ordonné de fermer pendant un mois”, confie Eric Bergeret. Une fermeture administrative qui serait liée aux interpellations de consommateurs de produits stupéfiants dans la rue du club. Après avoir reçu un avertissement le 16 août, le patron explique que “les forces de l’ordre n’avaient comptabilisé que huit interpellations depuis le mois de juillet. Un chiffre peu évocateur sur 4 000 entrées durant cette même période.”

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Ainsi, depuis le 24 novembre, “une période cruciale” selon Eric, la Fabrique n’a pu rouvrir ses portes. Sur le conseil du Syndicat national des discothèques, Eric et Francine Bergeret ont fait appel à Maître Henri de Beauregard pour entamer une procédure judiciaire. Ce dernier résume la situation : “L’objet de la fermeture a été contesté en référé devant le tribunal administratif de Pau, qui a rejeté cette suspension de fermeture. Avec mon client, nous avons pris la décision de faire appel devant le Conseil d’État mais les délais sont tels que cette affaire risque d’être examinée quelques jours avant la fin de la fermeture.” Un examen du dossier quatre jours avant la réouverture serait ridicule. Pour éviter une telle tournure, il faudrait que le dossier soit consulté en urgence, ce que demande Maître de Beauregard, ne considérant pas les accusations comme légitimes : “On nous oppose un certain nombre de faits à propos desquels on nous a même pas proposé de nous exprimer avant la fermeture, détaille l'avocat. Sans compter que nous ne savons même pas si les personnes interpellées ont été clientes de l’établissement. La fermeture s’adresse à un endroit et non à une personne, or, là, il faut que les troubles aient un lien avec la Fabrique. Ce qui n’a pas été prouvé.”

De leur côté, les propriétaires du lieu ont lancé une pétition en ligne pour sauver la Fabrique. “Nous fermer au mois de décembre ? Période la plus faste pour les discothèques, cest clairement dans le but de nous achever. Du moins c'est aujourd'hui ce que nous pensons. La Fabrique ne pourra jamais survivre à une fermeture si longue, nos bookings en cours devront être payés, en référence aux contrats qui nous lient avec les agences ainsi que les artistes. Concrètement, La Fabrique est en danger.”

Le couple a même adressé cette dernière au préfet des Hautes-Pyrénées, au maire de Tarbes et au commissariat… Pour le moment Eric et Francine restent en attente de réponses.