Le fondateur de SoundCloud Eric Wahlforss a expliqué, dans un entretien accordé à nos confrères de Groove, avoir trouvé un accord avec les sociétés de gestion de droit d’auteur comme la GEMA (la Sacem allemande) pour que les DJ sets et mix puissent être mis en ligne sans conditions d'autorisation."Cela signifie que l’on peut maintenant mettre en ligne des mix de DJ sans problème et de manière légale sur SoundCloud. C’est donc une nouvelle très positive pour les DJ's”, a-t-il détaillé.

Jusqu’à présent, il fallait posséder les droits d’exploitation de tous les morceaux inclus dans un mix pour pouvoir le mettre en ligne en toute légalité. "Sur requête des détenteurs des droits, nous devions signaler aux artistes ou supprimer tous les mix contenant des morceaux protégés par le droit d’auteur", explique Eric Wahlforss.

Il en allait de même pour les remix, les bootlegs ou les mashups, même lorsque les artistes ne percevaient aucun revenu. Ce filtrage prohibitif avait détériorié les relations entre les DJ's et SoundCloud (nous vous en parlions ici), comme en témoigne une pétition de 2013, "SoundCloud : Change your copyright policy". Si la question de considérer un mix comme une œuvre originale reste ouverte, le droit français les assimile aujourd’hui à des œuvres composites, qui nécessitent bien l’accord de chacun des créateurs des morceaux utilisés. 

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En pratique, les comptes n'étaient pas systématiquement supprimés. Groove admet notamment ne pas détenir les droits de tous les morceaux inclus dans les mix de leur page SoundCloud, mais n’avoir jamais été contacté. La musique électronique est l’un des genres les mieux représentés sur la plateforme de streaming, et son directeur général Alex Ljung nous confiait en juillet que "les artistes de cette scène ont largement contribué à notre essor, surtout au début, avec les mix DJ et les autoproductions". L’arrêt de la suppression des mix devrait être accueilli positivement par la communauté d’utilisateurs, forte d’environ 200 millions de personnes.

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L’accord entre SoundCloud et les sociétés de gestion de droit d’auteur intervient dans le cadre des négociations autour du service payant SoundCloud Go, lancé en 2016. Celui-ci permet notamment aux utilisateurs d’écouter du contenu hors-ligne et de supprimer les publicités qui ont fait leur apparition sur le site depuis le lancement du service. SoundCloud compte sur les revenus des abonnements et de la publicité pour rémunérer les artistes ; jusqu’à présent, il était en effet impossible pour ces derniers de monétiser leurs morceaux.

Après avoir levé 100 millions de dollars en juin dernier pour financer son développement, la firme basée à Berlin espère trouver un modèle qui consolidera sa position face à de nombreux concurrents – Apple Music, Spotify, Amazon, Beatport… Spotify, qui était en négociation pour le rachat de SoundCloud, aurait d’ailleurs abandonné l’idée, selon le Financial Times.

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