Photo en Une : Free party de Commana

Jeudi 1er décembre, 20h, à la préfecture du Finistère à Quimper, le préfet Pascal Lelarge et son chef de cabinet Jean-Daniel Montet-Jourdran ont rencontré des représentants des collectifs de free party Arts et cultures et les organisateurs de la fête du 30 octobre, à Commana. À l’ordre du jour, la mise en place de “bonnes bases”, a indiqué Jean-Daniel Montet-Jourdran à nos confrères du Télégramme, ajoutant qu’il n’y avait “pas d’hostilité” envers le mouvement des free parties. Une manière de calmer le jeu après ses propos tenus au lendemain des évènements de Commana, déclarant : Sur ce genre de soirée, on est systématiquement en présence d'un ramassis d'alcooliques et d'individus sous l'emprise de stupéfiants.”

"Les free parties sont désormais démocratisées dans le paysage culturel breton. Ce n’est pas possible de les interdire"

Sur le site du quotidien breton, il est d'ailleurs revenu sur ses propos “maladroits” et “mal compris”. “Si mes propos ont stigmatisé les teufeurs, j'en suis désolé. Je comprends qu'ils n'aient pas été contents mais ce n'est pas ce que je pensais. Je pensais à certaines personnes fragilisées, car sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants, et qui peuvent s'emporter lors d'une intervention des forces de l'ordre. Je regrette que cette polémique nous ait éloigné de l'essentiel : la sécurité et la tranquillité publique.”

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Le 12 novembre, la rave de Plouaret avait aussi connu une répression policière. © Olivier Paris


Cependant, jeudi soir, l’heure était à la concertation autour de la situation des free parties dans le Finistère et plus largement en Bretagne. “La date de rencontre ayant été plusieurs fois repoussée, nous étions contents qu’ils nous accueillent. Il était nécessaire de commencer un travail de médiation. Les free parties sont désormais démocratisées dans le paysage culturel breton. Ce n’est pas possible de les interdire”, explique Vincent Tanguy d’Arts et culture. De son côté, la préfecture souligne l'importance des raves dans le département, en perpétuelle augmentation depuis 2014. De 43 rassemblements en 2015, le département du Finistère est passé à 58 free parties comptabilisées en 2016. Ainsi, la préfecture envisage davantage de souplesse : “De 500 à 5 000 personnes, nous voulons être prévenus mais nous serons moins exigeants. Nous ne voulons pas découvrir l’événement au dernier moment. Notre attitude sera plus souple en fonction de l’endroit où se déroule la rave”, déclarait Jean-Daniel Montet-Jourdan au Télégramme.

“Pas d'acharnement particulier sur le milieu techno”

Les représentants de l’État en ont aussi profité pour revenir sur l’intervention des gendarmes à Commana le 30 octobre. “Tandis que les locaux de Techno+ ont été perquisitionnés mercredi, ils nous ont expliqué qu’il n’y a aucune coordination nationale sur un éventuel acharnement autour de la scène techno. Pour la free de Commana, le préfet nous a expliqué qu’ils n’avaient fait qu’appliquer la loi, mais peut-être pas de la bonne manière, détaille Vincent Tanguy. Le but de cette rencontre était véritablement d’arrondir les angles et nous étions là pour rappeler nos revendications, en tant qu’amateurs de l’évènementiel.”

Faire en sorte que tout se passe bien ce week-end

Ces “amateurs” de la fête souhaiteraient d'ailleurs bénéficier d'une reformulation de la loi quant à leur statut, sans subir de surcharges financières et administratives. “Nous avons parfois l’impression que la mise en place d’un statut sert à mieux nous taper sur les doigts derrière, confie Vincent Tanguy en évoquant l’article 32 de la loi du 7 juillet 2016.

Concernant le rassemblement prévu samedi 3 décembre, “la préfecture a imaginé plusieurs hypothèses dont celle d’une manifestation en journée à Quimper avant une rave dans la soirée”, annonce Jean-Daniel Montet-Jourdran dans les lignes du Télégramme. Mis en garde par ce dernier, Vincent Tanguy reprend : “Conscients du terreau festif que nous avons ici, le préfet et son directeur de cabinet nous ont rappelé que nous devions faire en sorte que le rassemblement revendicatif prévu samedi ne connaisse pas de débordements.”