Dans un communiqué diffusé sur Facebook jeudi après-midi, Techno+ explique qu’“à 20h, les volontaires ont vu des gendarmes faire irruption en pleine réunion associative dans nos locaux parisiens. S'en est suivi le contrôle et la fouille de toutes les personnes présentes, l'arrestation de deux volontaires (toujours en garde à vue) la perquisition du local avec la saisie d'un certain nombre de papiers et enfin la saisie du camion de l'association”.

“La perquisition, mercredi en fin de journée, a été faite de manière un peu radicale, les salariés se sont retrouvés les mains sur la tête contre le mur”, relate de son côté Samuel Raymond, président de Freeform, une association de réduction des risques organisationnels liés à la pratique de la fête libre, qui défend notamment les collectifs de free party.

Dans le même temps, la présidente de Techno+ a été interpellée sur  son lieu de travail en Loire-Atlantique. Enceinte de 5 mois, les policiers l’ont simplement auditionnée sur place et ne l’ont pas placée en garde à vue, selon Samuel Raymond. “Pour nous, c’est très grave, poursuit-il. C’est une attaque contre la prévention des risques. Ce n’est évidemment pas Techno+ qui produit ou vend de la drogue.”

“Si des documents et des biens de l'association ont été saisis lors de la perquisition, nous ne connaissons pas, à ce jour, les raisons qui ont motivé la présente commission rogatoire et nous sommes nous-mêmes dans l'attente des suites de cette affaire”, poursuit Techno+ dans son communiqué. 

Après les saisies de sound-systems et interventions des gendarmes dans les free parties en Bretagne ces dernières semaines, “on a l’impression qu’il y a une volonté de taper sur le mouvement techno à l’approche des élections, estime Samuel Raymond. J’ai interrogé les différents ministères concernés, en leur demandant des explications. Au début, on se dit : ‘c’est juste le Finistère’, puis ‘c’est juste la Bretagne’, et maintenant, c’est sur Paris aussi. Ça fait beaucoup en trois semaines. Pour nous, ce dossier prend un tournant politique.”

Tommy Vaudecrane, président de l’association Technopol, qui organise notamment la Techno Parade, est sur la même longueur d’onde : “On interprète tous ça comme un message politique. C’est déjà compliqué de faire de la réduction des risques en France, et là, on met une pression sur une association. C’est grave. Ils doivent avoir des éléments mais c’est une association qui est subventionnée, qui est partenaire avec l’Etat. Il aurait fallu discuter avant d’intervenir de cette façon. Ce n’est pas approprié. ”

Il met également en exergue la difficulté du travail de Techno+ : “Dès qu’ils sortent un fascicule de prévention, on les accuse de faire de l’incitation à la consommation. Ça ne va pas aider les associations de prévention à se développer, et ça ne va pas résoudre le problème de la drogue. Ça va montrer qu’il faut plus se cacher et favoriser les réseaux encore plus souterrains, sans contrôle sur les produits. et donc encore plus de danger pour les consommateurs. Politiquement, c’est un très mauvais message.”