Dans le monde des audiophiles, qui peut se vanter de n'être jamais tombé dans le panneau de la "non-official copy" ? En pensant faire LA bonne affaire, certains ont bien vite déchanté lors de la première écoute de leur récent achat. Qualité douteuse, grain lamentable, mauvais mastering... Bref, c'est une contrefaçon.

Au royaume de la piraterie musicale, on trouve deux types de contrefaçon. D'un côté les "véritables" falsifications qui, sous couvert d'un prix et souvent d'une qualité amoindris, proposent une version identiques des galettes officielles. Ces disques pirates rassemblent des morceaux d’un même artiste ou groupe, sous une pochette différente.

De l’autre côté, il y a les bootlegs et les rip. Le premier sont des enregistrements illégaux de concert, de démos, des versions différentes ou même des titres inédits jamais commercialisés. Le second est une extraction numérique (audio ou image) d'une source analogique, par exemple "MP3-iser" un vinyle. Avec l'explosion du vinyle ces dernières années, cela a engendré une multiplication des copies.

Dans une interview, le directeur général du Bundesverband Musikindustrie (BVMI, association qui défend les intérêts l'industrie du disque en Allemagne), Florian Drücke, a même déclaré : "La demande de vinyle a considérablement augmenté encore une fois, et prend une part de marché d'environ 4% en Allemagne. C'est une niche qui est redevenue profitable."

vinyle

C'est le Landeskriminalamt (LKA), la police régionale de Bade-Wurtemberg, qui est à l'origine de cette saisie. Le début de cette histoire remonte à janvier dernier, lorsque les agents du LKA tombent sur environ 3000 cartons de matériel piraté (CD produits illégalement, des DVD, des vinyles ainsi que des pochettes et des livrets). Cette découverte permet l'ouverture d'une enquête le mois suivant qui aboutira à la saisie de plus de 8000 cartons contenant entre 1,5 et 2 millions d'enregistrements illégaux (disques, CD, DVD) de nombreux artistes populaires comme Led Zeppelin, les Rolling Stones ou les Beatles. Durant son investigation, la police a été aidé par le BVMI qui représente aujourd'hui environ 250 compagnies musicales et maisons de disques allemandes. 

Petite piqûre de rappel, comme le confirme un rapport de l'Union Européenne, en 2014, le montant total des pertes de ventes dues au piratage, par effet direct et indirect, s'est élevé à 336 millions d'euros

Selon un officier du LKA, le contrebandier présumé est un Allemand de 60 ans basé à Stuttgart. Il aurait été arrêté en septembre et dès lors gardé en détention. Il risque jusqu'à cinq ans de prison.

Source : Pressportal