Photo en Une : La teuf de Guernachanay © Céline Martin

Deux blessés et un sound-system saisi, voilà le bilan de ce week-end du 11 novembre pour la communauté free party bretonne. 

Samedi 12 novembre, la gendarmerie a fait irruption dans le manoir inhabité de Guernachanay à Plouaret, où les membres du soundsystem Strakellik avaient prévu de passer deux jours à l'occasion de leur cinq ans. 200 à 300 personnes s'étaient réunies dans ce site du XVIe siècle classé monument historique, sans autorisation administrative ni l'autorisation du propriétaire des lieux. Malgré le caractère illégal de l'occupation du lieu, les organisateurs souhaitaient, selon eux, par cette action, démontrer le caractère pacifiste d'une free party. Cet évènement faisait donc à l'intervention musclée de la gendarmerie sur le site de Commana le 30 octobre.

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Comme le confirmait un membre du collectif Strakellik au journal Ouest-France, l'heure n'était pas à l'affrontement : "Ici, on veut aussi prouver aux autorités que cela peut bien se passer." Mais les choses dégénèrent après l'intervention d'une soixantaine de gendarmes ayant reçu l'ordre de couper le son et de saisir le matériel. Selon les organisateurs, le son devait être arrêté à 16 heures, suite à une première visite matinale des gendarmes qui avaient reçu des plaintes pour nuisance sonore, c'est en tout cas ce qui a été déclaré à l'AFP. Or, l'intervention des forces de l'ordre a eu lieu aux alentours de 15h30. 

© Céline Martin
Le manoir de Guernachanay /© Céline Martin 

"Quand ils sont revenus, alors que nous avions décidé de tout couper, [...] il y a tout de suite eu un rapport de force. Ils ont lancé des gaz lacrymogènes et les gens ne se sont pas laissés faire", déclarait à l'AFP une teufeuse présente sur place.

   À voir
Ici, une vidéo de l'intervention filmée par une teufeuse et ici 
une autre vidéo du repli des gendarmes.

Un premier bilan fait état de trois blessés dont un gendarme. En riposte, le matériel a finalement été confisqué par les forces de l'ordre, le samedi au soir, alors que les camions étaient garés sur un parking et que les teufeurs dormaient, selon Freeform

© Céline Martin 

Autre département, autre opération

Les collectifs de l'Ille-et-Vilaine sont aussi dans le collimateur des autorités, puisque dans la nuit de dimanche, une opération de grande envergure était lancée dans le 35. Les gendarmes avaient pour ordre de confisquer tous les systèmes sonores des collectifs ayant participé à l'évènement QUADRIVIUM, organisé ce week-end du côté de la commune de La Dominelais. Selon les premières informations, le collectif SDK s'est vu saisir les camions transportant son matériel, par des autorités chargées de confisquer un maximum de sound-system sur l'ensemble du département. Alors qu'une dizaine de collectifs de teuf ont participé à la QUADRIVIUM, c'est donc une véritable chasse aux teufeurs qui semble s'engager en Ille-et-Vilaine.