Il est 8 h quand nous nous levons pour partir vers la Grande Muraille. Après avoir dormi deux heures, le réveil est difficile. C’est parti pour trois heures de route ! Nous espérions pouvoir encore dormir le long du trajet, mais nous ne sommes pas seuls : les VJ’s du groupe allemand HVOB sont avec nous. Eux sont en forme et ont envie de parler… Les paysages nous font vite oublier notre fatigue et après une longue route très sinueuse, nous arrivons enfin au pied de la Muraille.

Les organisateurs nous accueillent à bras ouverts et nous font visiter l’endroit. C'est à couper le souffle ! Difficile de décrire l’émotion qui nous envahit, rien que l’entrée du festival est d’une splendeur incroyable. Nous entrons dans la forteresse par un pont-levis, pour se retrouver ensuite dans un espèce de labyrinthe géant décoré et rempli de statues et de temples. Nous sommes époustouflés par ce cadre magique. On nous amène ensuite à notre chambre. Un endroit complètement atypique situé en plein cœur de la muraille et du festival. L’intimité n’est pas de mise : toutes les chambres sont en baies vitrées, collées les unes aux autres, entourant une grande pelouse garnies de fleurs, sur laquelle les festivaliers ont déjà commencé à planter leurs tentes. Un camping a été prévu à cet effet, mais le manque de place fait que les gens commencent à envahir les recoins du site pour établir leurs campements.

Puis, l’organisateur nous amène pour le soundcheck sur la grande scène, qui se trouve sur une immense place de rassemblement collée à la Muraille. Le décor est planté. Nous saluons les techniciens et tout particulièrement les lighteux, qui font leurs tests en illuminant de lasers et de projections la Grande Muraille adossée la place. Le mur derrière nous est tellement haut et large, que la scène en paraît ridicule. Je m’en vais finalement faire mes réglages, le son est puissant et de bonne qualité, tout est parfait.

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Nous pouvons continuer notre petite visite de ce lieu chargé d’histoire. Nous nous contenterons seulement de parcourir cinq petits kilomètres avant de faire demi-tour. Il y a tellement de marches à gravir que la fatigue se fait vite sentir. Malgré l'arrivée de nos amis français et de l'apéro, je reste sage et fais attention de ne pas me laisser happer par la fête. L’heure de ma prestation approche. Je pars seul sur le site, afin de prendre la température, car je n’aime pas être parachuté derrière les platines trop vite. J’ai toujours besoin de me mettre dans l’ambiance et ressentir l’atmosphère une à deux heures avant de jouer.

Le Yinyang Festival n’est pas ce genre d’évènement rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes comme on peut en trouver en Europe : la culture des musiques électroniques en Chine n’est pas aussi développée que chez nous, 50% du public est constitué d'expatriés et le lieu situe à plus de 300 km de la métropole la plus proche, perdu dans les montagnes. Il est donc plutôt de taille modeste et accueille seulement un peu plus de 1 500 personnes. En tout cas, les gens savent pourquoi ils font le déplacement. C’est un peu comme dans une rave des années 90 : beaucoup sont déguisés, tout le monde est d’humeur très festive et arbore un sourire permanent, les contacts sont faciles. Ce qui n’est pas pour nous déplaire.

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Arrive maintenant l’heure de monter sur scène. Je me régale pendant deux heures dans une ambiance à son comble. Je joue un peu plus souple que d’habitude car je sais que le festival n’est pas seulement dédié à la techno et que les gens viennent d’horizons musicaux différents. Le registre balance entre la house et la tech-house, pour essayer de satisfaire tout le monde. Je termine mon set sous les applaudissements du public, il semble que tout se soit plutôt bien passé !

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Je peux enfin me détendre et commencer à profiter réellement du festival. Je rejoins donc mes amis déjà bien éméchés par l’alcool qui s’éclatent comme des gamins et nous partons déposer mon matériel à la chambre.

Nous retournons deux heures plus tard au cœur du festival, mais la grande scène, qui fermait ses portes à minuit, n’est plus active. Les organisateurs ont tout prévu afin de permettre aux festivaliers de danser 24 heures sur 24. Nous nous rendons sur deux petites scènes situées dans les allées de la Muraille. L’une s'avère drum'n'bass et l’autre techno plutôt costaude. Nous profitons un peu du son, faisons connaissance et discutons avec plein de monde, je retrouve même un Hollandais pour qui je joue depuis des années à Amsterdam. Stupéfait de sa présence, je lui demande ce qu’il fait là. Il me répond alors qu’il avait beaucoup entendu parler de ce festival et qu’il avait donc décidé de venir prendre quelques jours de bon temps ici. Considérant que c’est seulement la deuxième édition, on en conclut donc que cet évènement fait parler de lui et a vraiment un bel avenir…

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L’ambiance est toujours très chaude sur les scènes mais nos jambes commencent à fatiguer. Le froid des nuits en pleine montagne nous amène à continuer la fête dans les chambres qui se sont transformées en plusieurs petits dancefloors où chacun passe la musique qu’il aime à l’aide de téléphones et d’ordinateurs amplifiés. Désormais, tout le voisinage se connaît et nous passons le reste de la nuit à aller boire des coups d’une piaule à un autre. Vers 8 h le matin, bien sonnés par l’alcool, nous décidons d’aller dormir mais le bruit environnant ne nous permet pas de plonger dans un sommeil bien profond…

Malgré la gueule de bois au réveil, nous voulons encore un peu profiter des derniers moments avant notre grand départ. Nous trouvons la force de retourner sur la grande scène voir HVOB, groupe de deep house allemand qui a su rassembler nos dernières forces et nous faire danser plus d’une heure non-stop.

Si bon nombre de festivaliers commencent aussi à faire grise mine, la bonne ambiance et la bonne humeur sont toujours de mise. Je bois alors ma dernière coupe de champagne avant de remonter dans le van qui nous conduira à l'aéroport. Zàijiàn le YinYang !

YinYang Music Festival 2015 Official Aftermovie from The Mansion on Vimeo.