Initié par le groupe de travail "Retrouvons le sens des ruralités" du sénateur Henri Cabanel, le rapport a pour objectif d'aider les mairies de l'Hérault à renouer le dialogue avec les organisateurs de rave parties, afin de faire évoluer le cadre légal et réglementaire pour garantir le bon déroulement de ces fêtes. Sur les 343 mairies contactées, 116 ont complété le questionnaire : insuffisant pour rendre la représentativité du sondage indiscutable mais assez pour se faire une idée.

45,2% de ces mairies déclarent être confrontées aux rave parties. Au sein de cet échantillon, elles sont 45% à être confrontées plus de 5 fois par an à des événements qui rassemblent dans 67% des cas plus de 200 personnes.

rave party hérault

L’organisation régulière de fêtes sur tout le territoire de l’Hérault montre que les rave parties sont bien implantées dans la région, et qu’il est important en ce sens de disposer d’un cadre légal adapté à leur encadrement. En partant de ce constat, la marche à suivre reste cependant confuse.

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Parmi les communes confrontées aux rave parties, 62,5% y sont opposées (un taux d’opposition plus élevé que chez les communes qui n’y sont pas confrontées). Les nuisances sonores, la présence de drogues et d’alcool ainsi que la détérioration des terrains sont avancées comme raisons principales de l’opposition aux rave parties. Des raisons qu’Henri Cabanel associe plus à la mauvaise image dont pâtissent ces manifestations qu’à la réalité du terrain : il fait remarquer que les fêtes votives et les férias, qui ont un impact similaire, ne rencontrent pas autant d’opposition.

Ceci s'explique par le dialogue en amont : "Les communes ont fait un gros effort de concertation et de sensibilisation auprès des jeunes et des populations en amont pour bien préparer ces fêtes de village […] Ces fêtes sont très identitaires et culturelles : les adultes les ont eux-mêmes connu ou vécu quand ils étaient jeunes"

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Le dialogue semble donc indispensable pour avancer : un constat partagé par 74% des communes, pour lesquelles la concertation avec les organisateurs permettra d’améliorer la situation. Un but loin d’être atteint : elles sont à ce jour moins de 3% à être en contact avec les organisateurs de rave parties.

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Pour les communes qui ne croient pas au dialogue, certaines dispositions légales devraient être mises en place : "déclaration obligatoire des manifestations, trouver des terrains adaptés", "un encadrement légal géré par l'Etat", "une loi pour encadrer par des conditions incluant durée, lieu, niveau de bruit, sécurité à l'intérieur et à l'extérieur, remise en état des lieux". Des préconisations qui semblent plus relever d’une ignorance des lois déjà en vigueur (voir les textes de l’amendement Mariani) que d’une réelle volonté d’avancer. Cela sans compter les brillantes propositions des maires des communes de Moules-et-Baucels et Florensac : "Survol avec drones et épandage d'encre indélébile sur l'ensemble des ravistes (sic)" ou "fossés + pierres".

Ce rapport, au même titre que la première étude de la Sacem sur les musiques électroniques en France parue récemment, montre cependant que les pouvoirs publics apprennent progressivement à considérer ces manifestations comme des problématiques culturelles à part entière, dignes d’être assimilées plutôt que dénigrées.

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