Cette histoire commence en 2010 lorsque le jeune Ilan Kaddouch, pianiste et compositeur de musique contemporaine de son état, se met à réfléchir sur les nouvelles techniques de diffusion du son. Ce passionné rêve de créer des zones de concerts uniques en dehors des salles qui leur sont dédiées, tout en conservant la même qualité sonore. 

Le compositeur commence alors ses recherches et s'aperçoit que la solution se trouve peut-être dans le son directionnel. Les premiers tests qu'il réalise s'appuient sur une technologie des années 60, beaucoup trop limitée à son goût. Ilan Kaddouch créé alors l'entreprise Akoustic Arts pour travailler sur le projet. Après quatre ans de travail, un premier brevet européen puis international est déposé en avril 2014. L'enceinte directionnelle "A" est née. 

Le son comme une lumière 

Après une présentation lors du Consumer Electronic Show de Las Vegas, le salon de référence de l'électronique, en janvier 2016, l'enceinte "A" se lance dans le financement participatif. Et ça fonctionne. La campagne finance le projet à 662 %. Le développement à grande échelle peut commencer. 

Comment ça marche ? La "ruche" sonore diffuse le son en ligne droite, tout en envoyant de manière conique d'autres sons à très hautes fréquences. Ces ultrasons sont inaudibles par l'oreille humaine mais font office de "barrières bloquantes" tout autour du son. L'utilisateur a ainsi l'impression d'entrer dans une bulle sonore, dont il sort s'il se déplace de quelques centimètres. On l'a testé et c'est une sensation très étrange. En se déplaçant de 10 degrés par rapport à l'enceinte, on perd 25 décibels. En bougeant encore un peu plus, que ce soit vers le haut, le bas, la droite ou la gauche, on n'entend plus rien. 

Avec cette enceinte, plus besoin de casque pour s'isoler. Son faisceau audio peut atteindre jusqu'à 103 décibels et l'appareil se divise en deux parties. D'un côté, la face visible, chargée d'envoyer le son, et de l'autre, l'élément qui permet de recevoir le signal, par prise jack pour l'instant et bientôt grâce au sans-fil.

Quelles possibilités pour la "A" ? 

Ces enceintes étant des sortes de canons sonores, il reste tout un tas d'usages à populariser. Mais ce n'est pas demain que vous la verrez débarquer dans les clubs, bars et autres soirées clandestines. A vue d'oreille, il faudrait au moins 3 enceintes de ce type pour sonoriser correctement un salon. En plus, le rendu sonore n'est pas de très bonne qualité, avec des basses quasi-inexistantes (et de toute façon, les basses fréquences sont difficilement contrôlables). Par contre, à la maison, l'enceinte d'Akoustic Arts s'avère utile pour regarder un film sans déranger personne, et au bureau, elle peut faire des miracles en open space.

"A" : The speaker that only Tou can hear

Pour le moment, Akoustic Arts entend se développer sur le "digital out of home", autrement dit l'espace public. Un marché quasi vierge que la firme compte bien défricher. L'entreprise a pour but de s'installer sur la majeure partie des points d'affichage. C'en serait également terminé de la cacophonie ambiante des salons et des grands magasins, puisque l'enceinte pourrait définir des zones sonores pour les espaces publicitaires. Et pourquoi pas cibler les musées, qui utilisent déjà les enceintes directionnelles. Tout reste encore à faire pour Akoustic Arts.

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Pour ceux qui seraient tentés, sachez que l'enceinte existe en deux modèles, un petit, dont le prix tourne autour de 300 euros, et un plus grand dont qui se situe entre 600 et 900 euros. 

Salut c'est cool - Le son sort des enceintes