HADRA FESTIVAL 2016 par Thémis Belkhadra

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C'est en stop que nous sommes arrivés au Hadra Trance Festival. Après trois petites heures de train, vingt minutes non loin de la gare de Vallon-en-Sully nous ont suffit pour rencontrer une jeune femme, en route elle aussi pour le plan d'eau de Vieure où prenait place le festival. À deux kilomètres du point d'arrivée, une file de voitures s'étend déjà entre deux champs de céréales sous un soleil de plomb.

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Autour de nous, on se chauffe à la bière et autre plaisirs apéritifs. Un mélange d'impatience et de délivrance se fait sentir. Après deux ans d'absence, le Hadra Trance Festival a réduit sa capacité d'accueil de moitié, 6 000 places précisément. Les billets s'étaient donc écoulés très rapidement cinq mois plus tôt. Cette nouveauté a évidemment fait de nombreux déçus et quelques fraudeurs : une bénévole nous révèlera les crapuleuses techniques employées, tels que le classique échange de bracelet ou le saute-grillage.

Dès l'arrivée sur le parking, les sourires se comptent par centaines. Nous voilà donc au bord du plan d'eau de Vieure dans l'Allier, une base de loisirs comprenant un camping, des bungalows et une immense forêt entourant un lac d'eau douce. L'endroit parfait pour poser un festival de musique psychédélique. Un seul bémol : ne pas avoir pu goûter à cette eau qui nous tendait les bras, la faute à de méchantes "cyanobactéries".

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En amis, ou en famille...

Les emplacements de camping déjà existants facilitent l'installation rapide et confortable des festivaliers, dans des carrés d'herbe verte situés de part et d'autre d'un chemin. En quelques heures, un village de campeurs professionnels a déjà pris forme, avec ses mini-résidences de voisins éphémères. Tentes, bâches, chaises de camping, tissus générateurs d'ombre, douches solaires... Au Hadra, plus qu'un camp, c'est un foyer éphémère que chacun bâtit.

La plupart des festivaliers sont des groupes d'une dizaine d'amis, Français mais aussi Hollandais, Belges, Italiens... On croisera de nombreux Grenoblois, peu habitués à partir si loin pour ce festival qui n'avait encore jamais quitté Lans-en-Vercors.  

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Quand la sécu se laisse séduire

Du haut de la colline, on voyait donc deux scènes tourner le dos à un immense lac bordé de forêts. Un paysage digne des lointaines contrées du Canada. Dès le premier soir, la psytrance fait trembler les corps de toute ses forces. Le son ne s'arrêtera pas une minute entre le 2 et le 4 septembre, sur cette scène qui hébergeait un nombre incalculable de performances live et quelques DJ sets. Que l'on aime ou pas le style, on ne peut que louer la technique des nombreux artistes qu'il compte dans ses rangs.

Toutes les têtes locales de Hadra Records étaient présentes comme Driss, Oddwave ou Secret Vibes mais aussi leurs signatures internationales comme les Israéliens Psysex et Kasadelica. Sur la qualité du sound-system, nous n'aurons rien à redire, comme sur la programmation, principalement axée sur les sonorités les plus dark et acides de la psytrance.

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Sur le dancefloor, une énergie tribale capte tous les corps sans exception. La nuit surtout, avec les shows lasers. Derrière les artistes, un écran donne vie à un regard d'une incroyable profondeur qui n'aura de cesse de guetter la foule en pleine cérémonie. Les pieds tapent, nus contre le sol, au rythme des basses, alors que les bras fendent l'air. Par des mouvements libérés de tout contrôle, chacun exprime sa créativité. Peintres, musiciens, magiciens, gang de clowns, journalistes, jongleurs... Etonnant de voir le nombre d'artistes de cirque – professionnels ou amateurs – que rassemblent les festivals psytrance et les free parties. Loin des troupes et des chapiteaux, ils laissent ici libre cours à toute leur imagination.

En termes endurance, le public psytrance se pose aussi là. Danser jusqu'à plus soif, du lever au coucher du soleil. Est-ce cette musique qui donne tant de force ? L'énergie n'aura donc de cesse de s'intensifier sous l'arbre de toiles colorées, jusqu'à l'explosion du dernier jour, matérialisée dans un feu d'artifice inattendu.

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Sur l'autre scène, l'Alternative, on admirait des performances plus downtempo. On regrettera la trop grande proximité entre les deux stages, qui gâchait parfois le spectacle offert par les musiciens de cette scène plus modeste. Pour n'en citer que quelques-uns, les live de Tetra Hydro K, de Dreamstalker et d'Akasha Experience étaient époustouflants entre dub, jazz, sonorités world et psychédéliques. Les performances de Quanta et de Kaya Project, très attendues, n'ont pas déçu les corps ondulants dans une sorte de danse traditionnelle futuriste.

Côté restauration, un large choix s'offrait à la tribu dansante et ceux qui imaginaient un menu 100 % plantes vertes n'ont pas goûté aux burgers XXL du deuxième camion à droite. Il fit notre premier repas mais face à la diversité proposée (plats chinois, indiens, proche-orientaux, végétariens...) nous avons testé les différents food-trucks. Verdict : aucune déception et une mention très spéciale à la galette aux graines et tofu grillé. Le coin resto était également un endroit de rencontres et de discussions, plus ou moins profondes selon l'heure de la journée.

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Après deux ans d'absence, si cette première édition en nouveau format a connu quelques dysfonctionnements, elle restait une très bonne surprise. Un spot magnifique, une programmation riche axée sur la scène locale et underground de la psytrance, un staff plus chaleureux qu'un gang de Saint-Bernard et surtout un public magique. Comme dans d'autres festivals psytrance, on assiste au Hadra à des scènes poétiques, surréalistes ou absurdes parfois : des moments uniques qui garderont toujours le même charme. 

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