Pour la première fois cette année, le parcours de la Techno Parade trouvait son départ sur le quai François-Mitterrand, entre le Pont-Neuf et le Jardin des Tuileries. Dès midi, les déflagrations de basses inondaient le quartier du musée le plus visité du monde, détournant au passage quelques jeunes de leur visite culturelle du week-end. 

Dix chars sont réunis le long de la route, criant techno, hardcore, house et EDM face aux centaines de milliers de danseurs. Très vite, les téléphones des autorités – situées en tête de cortège – se mettent à sonner frénétiquement. Christophe Mizreh, directeur de production de l'événement, est tout de suite sollicité : "Là, les gars me disent qu'il serait de bon ton de baisser le son, parce que le Louvre n'arrête pas de les appeler. Des alarmes sonnaient partout dans le musée, provoquant l'évacuation de toutes les salles qui donnaient sur les quais de Seine.”  Baisser le son de la Techno Parade, rien de plus simple.

Le système de sécurité hypersensible des fenêtres du musée était en plein affolement. "Je pense que c'est la sono du char Hardshock qui a beaucoup joué, ça balançait grave", se souvient Christophe Mizreh, amusé.

S'il ne prend pas cet incident plus au sérieux, c'est que le producteur avait fait les démarches nécessaires. "Je leur ai dit que je n'en avais rien à faire. Ca faisait plus d'un mois et demi que j'essayais d'entrer en contact avec le Louvre et son directeur de la sécurité, avec l'idée de mettre en place des systèmes pour ne pas déranger la vie du musée. J'ai appelé, laissé des SMS... Mais personne n'a daigné me répondre – ils me prenaient sûrement pour un sale technoïde. Donc j'ai laissé tomber."

Tant pis pour le musée du Louvre qui aura dû souffrir le passage de dix chars et de plus de 300 000 personnes entre midi et 17 h. "Il n'y a pas eu de dégâts, assure Christophe. Ca n'a pas dérangé les œuvres mais surtout l'agent de sécurité, qui devait appuyer sur un bouton toutes les cinq minutes…"