Photo en Une : Jacob Khrist

Soumission

red bull music academy festival

Ce soir, vendredi 23 septembre, se tiendra l'une des soirées les plus intéressantes de la rentrée. Initialement prévue au Trabendo, c'est finalement dans l'un des nouveaux clubs parisiens, à Nuits Fauves, que huit artistes trop peu vus à Paris joueront de 22h à 6h du matin. Rares donc, et doublés d'un talent pour la production électronique intelligente, classieuse et redoutable qui nous fait tourner la tête depuis quelques années.

L'ouverture du bal se fera dès 22h avec l'un des anciens participants de l'Academy tokyoïte de 2014, Palms Trax et sa house fun mais travaillée, aux relents de Chicago.

Le Français NS DOS prendra le relais une heure et demie plus tard, représentant en live la famille parisienne ClekClekBoom (Ministre X, The Boo, French Fries, Manaré, Bambounou...) et sa musique hybride, au croisement de la house, de la bass music et de la techno.

NSDOS "Meridien S-Dos" (Live)

Là, il faudra se presser autour de deux mystérieux Anglais, Paranoid London, qui font naître de plus en plus d'éloges, à commencer par ceux de Renaat (du label R&S) qui nous confiait cet été vouloir secrètement (et ardemment) les signer chez lui. Rarissimes en France, Ivan Smagghe les invitait au Rex dès 2014, pour la sortie de leur premier album éponyme, paru, comme toutes leurs releases, sur leur propre label Paranoid London Records. "Une touche d’étrangeté, un soupçon de perversité et une parfaite efficacité" pouvait-on lire sur l'événement Facebook pour décrire la relève britannique de l'acid techno. 

Avant 2h du matin, la Russe Dasha Rush se fera la caution labyrinthe mental. Dans son DJ set, on devrait entendre les influences des labels qui hébergent ses disques : l'expérimentation sonore et poétique du label d'Alva Noto, Olaf Bender et Frank Bretschneider, Raster-Noton ; la techno cérébrale du pionnier new-yorkais Adam X via Sonic Groove ; ou son propre label Fullpanda Records qui se veut aussi ouvert que son esprit musical.

3h du matin : on arrive dans le brutal avec Xosar, ancienne alumni de la RBMA Tokyo tout comme Palms Trax. Vous n'allez probablement pas y croire au début, quand vous verrez cette panthère se mettre en place. Puis elle lancera le kick via l'une de ses nombreuses machines et vous comprendrez pourquoi elle et Legowelt ont fini ensemble (derrière le projet Xamiga comme dans la vie).

L'explosion finale est programmée sur les coups de 4h du matin, avec, pour la première fois à Paris dans cette configuration, deux des artistes emblématiques de l'un des labels les plus attrayants d'Angleterre, Kowton et Peverelist de Livity Sound. Mais comme un B2B de deux artistes ne suffisait pas, les Anglais convient Tessela à la fête pour rajouter une touche de breakbeat à un UK sound déjà bien exotique et musclé.

Le mot de Guillaume Sorge, programmateur du RBMA Festival Paris :

"Cette soirée est clairement techno mais hédoniste, avec l'envie de garder une dimension live tout en mettant en avant, comme toujours, des anciens élèves de l'Academy. Au début, nous pensions à Simo Cell, qui s'apprête à sortir son nouvel EP sur Livity Sound, le label le plus cool du moment. Surtout qu'il sera le prochain artiste à occuper les Red Bull Studios, accompagné de The Pilotwings. Mais nous l'avions déjà fait jouer à l'une de nos précédentes soirées. Comme booker des artistes talentueux ne suffit pas, il nous fallait une chose inédite à Paris : un triple B2B entre Kowton, Peverelist et Tessela, idéal pour clôturer cette soirée."

Incantation

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Incantation signe la clôture de cette première édition du festival parisien de la RBMA. À l'honneur ce samedi 24 septembre au Badaboum, "ces artistes qui s'affranchissent des frontières pour mieux faire danser ensemble les traditions musicales du monde entier". 

Et c'est Guillaume Sorge qui en parle le mieux :

"On voulait pervertir le clubbing du samedi soir en organisant une soirée beaucoup plus ouverte musicalement, partant de quelque chose de plus ethnique pour aller vers la musique de club tout en évitant la fusion des genres et garder intacte la force intrinsèque de chacun d'entre eux. C'est un peu le contraire de la world music, un terme que je n'apprécie pas. Ces artistes créaient leurs propres codes en s'inspirant (et non en fusionnant) de la musique traditionnelle de leur pays."

"Insanlar est probablement le meilleur groupe d'Istanbul, dont le premier fan reste Ricardo Villalobos qui l'a remixé par deux fois. Son live se compose d'un unique morceau qui monte pendant une heure."

Insanlar - Kime Ne (Ricardo Villalobos Mix 1)

"Baris K est également l'un des meilleurs DJ's d'Istanbul qui compte parmi ses fans ni plus ni moins que Tim Sweeney, James Murphy ou Andrew Weatherall. Il faut que vous écoutiez sa série de trois mix, Eurasia, avec plein de pépites turques des années 70. C'est comme si DJ Harvey était né à Istanbul."

"On a ensuite demandé à Optimo, le duo de Glasgow, de préparer un set club dans ce contexte de musique ethnique."

"C'était également important pour nous d'inviter le collectif Mawimbi, activistes parisiens de ce genre dont le public saura sûrement apprécier le reste de cette programmation."