Moga Festival - Teaser 2 with full line-up par MogaFestival

Après les Plages, les Pistes et les Dunes Electroniques en Tunisie, l'agence Panda Events s'attaque à un nouveau rivage, la côte atlantique marocaine. Accompagnée du collectif Runtomorrow, l'équipe posera son Moga Festival dans la belle ville fortifiée d'Essaouira, du 14 au 16 octobre.

Si l'image qui suit vous dit quelque chose, c'est parce que la forteresse marocaine est aussi le théâtre des tournages épiques de la série Game of Thrones. Surplombant la mer et les rochers, elle est un parfait point de vue pour admirer la médina – la vieille ville –, qui est d'ailleurs l'une des plus anciennement habitées du Maroc. 

Dès le 14 octobre, tout ce beau décor s'animera d'un nouveau souffle au rythme des prestations d'artistes internationaux ou issus de l'underground local. On aura d'un côté Sonja Moonear, Petre Inspirescu, Mind Against, Kode9 ou encore Culoe De Song et Magda. De l'autre, Daox, Koddi, Nehji, Yasmean, Jay Douzi et Etsu – les résidents de Runtomorrow – et nombre de leurs compatriotes adeptes de sonorités électroniques comme Driss Skali, entre autres. 

Mais le Moga Festival trouve sa force et son originalité dans deux performances alléchantes. Runtomorrow avait déjà tenté l'expérience d'inviter des musiciens gnaouis à performer en compagnie de Biosphere, James Holden et Floating Points, sous la coupe de Boiler Room

Cette-fois, les Gnaouas se produiront aux côtés d'Âme, puis de dOP, au sommet de la forteresse d'Essaouira. Pour les non-initiés, le peuple gnawa correspond aux descendants d'Afrique subsaharienne déportés au Maghreb il y a fort longtemps. Leur culture mystique s'accompagne d'une musique caractérisée par des rythmes frénétiques frappés aux quarqabus, des sortes de maracas en fer au son surprenant. Dédiée à des rituels de trance, la musique ancestrale des Gnaouas trouve un sens nouveau lorsqu'elle est mariée au modernisme de la musique électronique.

À l'occasion du Moga Festival, le compositeur Richard Horowitz, primé d'un Golden Globe pour la bande originale d'Un thé au Sahara, sera invité à s'exprimer, à projeter quelques films et à tenir un atelier autour de la rencontre entre musique électronique et traditionnelle. Le festival n'aurait pu trouver meilleur intervenant que le musicien, qui est aussi directeur artistique du Festival des Gnaouas d'Essaouira.

Trois questions à Yan Degorce-Dumas, membre de l'équipe Panda Events 

Comment le Maroc perçoit-il l'arrivée du Moga à Essaouira ?

Notre arrivée fait pas mal parler au Maroc parce que beaucoup d'étudiants et de jeunes actifs qui ne pouvaient pas s'offrir d'autres festivals marocains pourront venir cette fois-ci. Avec le Moga, on a vraiment voulu s'adresser au public local et pas faire un festival de touristes. On invite la population locale amatrice de musique électronique, et aussi celle qui ne connaît pas à venir découvrir. 

Pour ce faire, on propose un festival à la carte avec plusieurs scènes éparpillées dans la ville d'Essaouira et une programmation propre à chacune. Les festivaliers ont le choix d'acheter un pass complet ou de cibler les soirées. Avec cette formule, tout le monde pourra vivre l'expérience du Moga Festival. De plus, on prévoit des événements entièrement gratuits sur la Scala d'Essaouira dédiée aux rencontres entre musiciens gnaouas et producteurs électroniques. 

Par ailleurs, on s'est inspiré du modèle de l'ADE ou du Sonàr en proposant des workshops, des ateliers et des artistes avec l'ambition qu'à terme, le Moga devienne une sorte de plateforme de rencontre entre acteurs de la musique électronique qu'ils soient maghrébins, africains ou étrangers. Cette démarche a été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme bien qu'on soit sur une programmation relativement pointue. Maintenant, il faut faire preuve d'une certaine pédagogie pour montrer que tout un chacun peut trouver son bonheur au Moga et que ce n'est pas un festival réservé aux experts. On invite surtout le public à vivre une expérience d'évasion mêlant culture électronique et marocaine avec la musique gnaoua, qui est aussi basée sur une répétition des rythmes. On essaie de remettre en lumière un dialogue entre ces deux musiques et l'idée a conquis le public marocain.

Comment s'est fait la connexion avec Runtomorrow ?

Ce sont d'abord eux qui sont venus à nous en la personne de Daox, le fondateur du collectif. Il nous a contactés suite au succès des Dunes Electroniques et de la Boiler Room qu'ils avaient organisé à Marrakech – qui voyait déjà producteurs électroniques collaborer avec musiciens gnaouas. Daox nous a expliqué qu'il voulait donner une suite à cette expérience. 

De notre côté, on avait déjà visité Essaouira et on avait pas mal envie de faire quelque chose là-bas. Dans notre démarche évasive, la ville, profondément ancrée dans la culture orientale, est apparue comme une révélation. Runtomorrow nous semblait être un des collectifs marocains les plus actifs et qualitatifs et le courant est tout de suite bien passé. On avait tous envie de faire quelque chose d'ambitieux, inscrit dans le temps avec une démarche artistique mais aussi de valorisation du patrimoine.

Panda Events et le Maghreb, c'est une belle histoire d'amour ?

D'abord, chez Panda Events, on vient presque tous de Nice. On est des Méditerranéens donc on se sent forcément proches de la culture maghrébine. 

Ensuite, sans rentrer dans des polémiques d'actualité, on considère que les deux rives de la Méditerranée doivent communiquer entre elles. D'autant plus aujourd'hui alors que des crispations se font sentir de part et d'autre. On a toujours considéré la musique et la culture comme un langage universel qui permet de communiquer et d'apprendre à découvrir l'autre. Le Maroc et la France ont des liens affectifs très forts. Et même si on ne fait pas ça en réponse à l'actualité, on pense qu'il est urgent de travailler ensemble. On invitera aussi nos interlocuteurs tunisiens au Maroc pour poursuivre la construction de ce dialogue et de ces passerelles artistiques et humaines entre les deux rives. 

Trois jours de grande fête et de collisions musicales sont donc annoncés à Essaouira, ville portuaire de l'Atlantique marocain. Vous comptez y passer le week-end ? L'équipe a tout prévu avec des pass vol/transfert/hôtel/festival à partir de 300 €. N'attendez plus.