Danser, c'est bon pour la santé. On se dépense, on s'amuse, on rit, on se casse la gueule parfois (souvent). Une jolie manière de joindre l'utile à l'agréable. Mais bouger son corps sur le dancefloor (les herbes folles d'une free party ou même le parquet d'une salle de bal) pourrait bien faire de nous de meilleures personnes. C'est ce qui ressort d'une étude américaine, révélée par le Boston Globe : les danseurs sont plus sensibles aux émotions que la moyenne.

A l'instar d'un bon concert, regarder un danseur en action ne laisse pas le spectateur indifférent. Les chercheurs ont donc voulu savoir d'où venait ces émotions : de la musique qui accompagne le spectacle, de l'histoire qui y est contée, ou bien tout simplement de la beauté du corps en mouvement ? Ils ont alors mis bout à bout plusieurs images de danseurs dans une vidéo sans le son et en noir et blanc. Des séquences qu'ils ont ensuite fait regarder à deux groupes de cobayes. Le premier est constitué de danseurs professionnels. Le second, de non-danseurs. Tous étaient munis d’électrodes au bouts de leurs doigts pour détecter l'intensité de leurs réactions.

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Deux constats ont été établis. D'abord, tous les participants ont réagi de la même manière face aux pas de danse. Les vidéos mouvements amples, ronds, ont été largement mieux accueillies que celles qui présentaient des pas plus brusques, plus secs. Deuxième point, le plus surprenant, les danseurs ont réagi de manière bien plus forte à ces vidéos que les non-initiés. « Le truc cool de cette étude, c'est que nous nous sommes rendu compte que, non seulement les danseurs reconnaissent mieux les émotions, mais qu'en plus, leurs corps réagissaient de manière plus sensible à ces dernières », explique la chercheuse Julia F. Christensen dans les colonnes du Boston Globe.

C'est pour cela que « tout le monde devrait danser, affirme-t-elle encore. Notre étude indique que s'entraîner à la danse pourrait être un moyen d'être encore plus conscients des émotions. Cela démontre que les mécanismes neurocognitifs qui rendent les gens plus sensibles peuvent être améliorés. »

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De là, il n'y a qu'un pas (de bourrée) avant d'imaginer que les danseurs sont de meilleures personnes, plus empathiques. « Parce qu'il semble que de danser nous apprend à réagir automatiquement et plus sensiblement à l'expression des autres. » Une hypothèse qui « a encore besoin d'être éprouvée », nuance-t-elle. A tester donc, à la première occasion venue.

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