1/ Telluric Lines / Jonas Kopp + Rainer Kohlberger

Les trames visuelles organiques de l’artiste autrichien Rainer Kohlberger, parfois semblables à de véritables empreintes digitales naissant de la matière vidéo brute, soulignent à merveille la nature ambivalente, tellurique et spirituelle, des nappes pesantes d’un Jonas Kopp jouant ici sa carte la plus ambient. Un projet audiovisuel massif, inspiré par le volcan californien Mount Shasta, puissamment mis en perspective par l’immense écran plongeant littéralement sur le public et transporté dans des élans soniques cataclysmiques par le couloir métallique géant de la nef.

atonal 2016

2/ Live / Second Woman

Duo récemment composé de Turk Dietrich (Belong) et de Joshua Eustis (Telefon Tel Aviv), Second Woman s’est acoquiné avec le fameux studio de design multimédia berlinois Pfadfinderei pour habiller son electronica glitch et atmosphérique au cours de leur premier véritable live. Un choix payant, à travers l’esthétique minimaliste d’un jeu de projections lumineuses rythmiquement découpées et hypnotiques, épousant parfaitement les contrastes noueux et saccadés de la musique du tandem.

atonal 2016

3/ RGB, Live Laser / Robin Fox

Dans le cœur de l’ancienne centrale électrique du Kraftwerk, le ballet chorégraphique des trois lasers rouges, verts et bleus de Robin Fox fouille l’espace en même temps qu’il offre une fantastique expérience de synchronisation sauvage entre son et lumière. Une expérience synesthésique pure - concrètement, les vibrations sonores sont transformées en temps réel en mouvement lumineux par le biais des lasers - que le gourou audiovisuel australien transpose dans un exercice de corps-à-corps physique et immersif avec le public.

atonal 2016

4/ Avanti / Alessandro Cortini

Fidèle à la cinématique fluide et mélodique de sa musique, l’italien Alessandro Cortini puise dans ses propres archives familiales de films Super 8 - compilée et arrangée par l’artiste designer Sean Curtis Patrick - une matière mémorielle qui imprègne les sens. La mélancolie évocatrice des images emprunte les lignes labyrinthiques et douces des sources synthétiques pour un voyage aux allures de rêve éveillé, qui tranche avec la rudesse des autres performances.

atonal 2016

5/ Acceleration Space / Marcel Weber + Andrej Boleslavsky + Roly Porter

Expérience de mouvement « immobile », procédant de la seule perception des déplacements de plus en plus physiques et enveloppants du son et de la lumière dans l’espace, cette courte mais dense performance explore les dimensions plus réduites du rez-de-chaussée du Kraftwerk par un impressionnant dispositif de diffusion suspendu. Une bonne manière de rompre avec l’amplitude de la scène principale et de se (re)connecter avec la nature foncièrement underground des lieux.

atonal 2016

   À lire également
On vous raconte... le meilleur festival de Berlin : l'Atonal 2015