Photo en Une : © Ariel Martini

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L’enceinte romaine de la capitale gardoise offre toujours son cadre majestueux de pierre et de vent. Les bourrasques ont d’ailleurs balayé la journée et rafraîchissent la nuit qui s’avance. L’ouverture de soirée se fait mollement avec des live de Koudlam et de Télépopmusik. Et JMJ fait jouer En attendant Cousteau, son album/morceau ambient aux sonorités minérales.

Le temps se suspend alors, moment de calme avant la tempête, et le maestro électronique français apparaît sur scène, tardivement (22 h 50). L’infrastructure technologique se met alors en marche, impressionnante. Les écrans sont des rideaux de LED, mobiles et superposés, qui permettent une profondeur et des effets 3D. Mais tout se dévoile au fil du show : au départ, ils ne projettent que des formes géométriques et des couleurs primaires.

Le concert a du mal à décoller sur les premiers morceaux plutôt calmes, d’où émerge “Oxygène 2”, première incursion dans le répertoire seventies. Il faut le fulgurant “Exit”, fomenté avec le lanceur d’alerte Edward Snowden, pour que la machine JMJ déploie toute sa puissance, sonore et visuelle. Ce titre est aussi punchy qu’un morceau de… The Prodigy !

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Le concert se déploie ensuite autour des deux récents volets de son projet collaboratif Electronica. Ce qui offre une grande variété de sonorités électroniques : électro sombre et sourde concoctée avec Gesaffelstein (“Conquistador”), ambient synthétique enveloppant avec Tangerine Dream (“Zero Gravity”), électro-pop avec les voix vocodées des deux figures des Pet Shop Boys (“Brick England”), électro warpienne avec Fuck Buttons (“Immortals”), techno rétrofuturiste avec Jeff Mills (“The Architect”)… 

Jusqu’au final surpuissant et trance, “Stardust”, composé avec Armin van Buuren. Un titre difficile à écouter sur disque, mais qui prend une dimension inédite en live. Les jeux d’écrans et de lumières, les projections et les lasers donnent une force implacable au show. Mais ils laissent aussi une place centrale à l’artiste, accompagnés de seulement deux musiciens, en retrait de cette technologie sophistiquée qui s’épanouit parfaitement dans la grandeur des arènes.

Entre les extraits du double Electronica s’insèrent quelques vieux classiques tirés des albums seventies Oxygène et Equinoxe (dont le sublime “Equinoxe 4” avec ses têtes en dessins animés aux mains en forme de lunettes projetées sur les écrans). Le hit “Quatrième Rendez-vous” et ses mélodies synthétiques kitsch est aussi dans la setlist. Ces scies d’un autre temps sont reboostées dans des versions actuelles aussi planantes qu’accrocheuses et technoïdes.

JMJ se permet même un artifice dispensable : il enfile ses gants de protection et joue au-devant de la scène avec sa harpe laser. Ses fans depuis quarante ans sont comblés. Finalement, cette harpe fait le lien entre le passé précurseur du musicien et la technologie d’aujourd’hui, toujours au cœur des shows de Jean-Michel Jarre, infatigable gamin – il a 67 ans – quand il retrouve ses synthés et ses lasers. Difficile pour le spectateur de ne pas être admiratif de sa quête perpétuelle dans la recherche synthétique et difficile aussi de ne pas partager son enthousiasme, toujours palpable.

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>>> Electronica Tour

17 octobre, Strasbourg (Zénith) ; 23 octobre, Bruxelles (Palais 12) ; 18 novembre, Zurich (Hallenstadion) ; 24 novembre, Lyon (Halle Tony Garnier) ; 25 novembre, Genève (Arena) ; 26 novembre, Dijon (Zénith) ; 28 novembre, Clermont-Ferrand (Zénith) ; 29 novembre, Nantes (Zénith) ; 12 décembre, Paris (AccorHotels Arena).