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Ce serait faire preuve de fausse humilité que de dire simplement : "Je suis un boulimique de culture et de boulot." Je suis un passionné comme tout le monde mais j’ai surtout sans cesse besoin de prouver des choses au monde et à moi-même. J’ai besoin de pouvoir dire : "Je suis capable de le faire et j’ai quelque chose à apporter à tel ou tel médium."

Les artistes qui m’intéressent – ceux que je côtoie ainsi que ma propre équipe – me semblent sous-représentés (à tort ou à raison), ou en tout cas mal compris dans les médias ? Très bien, alors je vais moi-même endosser le rôle de rédacteur en chef pour parler de nous, expliquer qui nous sommes et livrer un mode d’emploi aux gens. Ce n’est pas seulement de la frustration mais plutôt une forme de motivation pour façonner un monde dans lequel je me sentirais bien. Et puis je me plains souvent du statu quo dans la musique électronique française mais au moins, on ne pourra pas me reprocher de ne rien faire pour le bousculer.

Vous tenez donc entre les mains quelque chose qui se rapproche de ma version du magazine idéal : j’ai mis mon nez dans la plupart des rubriques avec l’aide précieuse de l’équipe de Trax, j’ai parfois chargé des gens dont j’admire les goûts et la plume d’écrire certains articles. J’ai sélectionné des sujets qui me tenaient à cœur, comme la scène ballroom à travers un hommage à Willi Ninja ou mon club préféré, Cakeshop en Corée du Sud. J’ai inclus une présentation de jeunes artistes dont je suis fan ainsi qu’une sélection de playlists par mes DJ’s préférés, et quelques bonus ici ou là.

C'est avec grand plaisir que j'ai renoué avec le métier de journaliste que je pratiquais il y a quinze ans, à l'époque du magazine de rap Radikal. Je suppose que maintenant, je peux rayer "rédacteur en chef éphémère d’un magazine musical" de ma liste de choses à accomplir. Celle-ci est encore bien longue.

"Kiddy Smile personnifie la rencontre entre la musique et la mode"

PORTFOLIO MODE, p.22

Kiddy Smile, le 6e élément


À l'image de la scène ballroom parisienne dont il est l'un des parrains, Kiddy Smile personnifie la rencontre entre la musique et la mode. Certains ont vite fait de marier ces deux univers maladroitement et pour les mauvaises raisons, Kiddy le fait avec passion, extravagance et profondeur, tout en y apportant un message.




LA LÉGENDE, p.54

Willi Ninja, le Saint-Esprit du voguing

Incontournable, le film Paris is Burning (1990), starring Willi Ninja.

En 2010, j'ai découvert les ballroom beats de Mike Q. Plus tard, en me perdant sur YouTube, j'ai réalisé l'importance des balls, ces compétitions de voguing indissociables de cette musique. Puis j'ai réalisé que ce danseur au charisme divin que je voyais dans Paris is Burning et le clip de Madonna, c'était le défunt Willi Ninja. Lorsque Lasseindra Ninja m'a par la suite proposé d'intégrer la House of Ninja en tant que DJ, j'ai immédiatement dit oui.

"Les coulisses de cette entreprise devenue institution qu'est Boiler Room me fascinent"

L'ENQUÊTE, p.36

Boiler Room, chambre avec vues

J'avais déjà travaillé dans le domaine de la webTV musicale depuis aussi tôt que 1999 avec Canalweb, mais lorsque Boiler Room a débarqué en incarnant la nouvelle version de l'énergie des radios pirates londoniennes et des clubs underground, ils m'ont tout de suite séduit. Aujourd'hui, je suis responsable de Boiler Room pour la France et les coulisses de cette entreprise devenue institution me fascinent.

PORTFOLIO GRAPHISME, p.66

Pierre Thyss, comic trips


J'ai rencontré Pierre lors d'une soirée semi-décadente semi-foireuse à Monaco. Nous étions une poignée de nerds télescopés au milieu d'un club lounge, forcément, ça crée des liens. Depuis, je suis chaque jour un peu plus fan de son style à la fois cool, joyeux et anxieux, entre Toriyama et la BD indé américaine. Et puis c'est l'un des rares à savoir dessiner une version de ma tête que j'arrive à aimer.

Onelight - "Tuggspeedman", par Pierre Thyss.


UNE MACHINE, UNE HISTOIRE, p.72

Amour et haine de l'Auto-Tune

Lors de ma période "rappeur devenu chanteur", je me suis mis à utiliser l'Auto-Tune. Après Cher, mais bien avant toute la flopée de rappeurs qui a suivi. Je me rappelle m'en être pris plein la gueule à l'époque, alors qu'aujourd'hui, personne ne questionne l'importance de cette technique dans le spectre musical. Programme pour corriger le chant ou instrument de musique à part entière, qui es-tu Auto-Tune?

LE LABEL À SUIVRE DU MOIS, p.81

Crazylegs, la belle bizarre

Au carrefour de la club music, de la bass music, du grime et des choses un peu plus noisy et ambient, on trouve en ce moment un nombre vertigineux d'artistes et de labels, parfois plus qu'il n'y a de public pour ces styles encore très nouveaux et considérés comme des "niches". Crazylegs est l'un des labels de cette scène qui tire régulièrement son épingle du jeu en alternant recherche sonore pure et hits de club implacables avec le même aplomb.



TRENDWATCH, p.10

DJ Orgasmic raconte le Lite Feet


J'ai une confiance aveugle en mon ami de toujours DJ Orgasmic pour ce qui est de repérer des trésors cachés sous forme de scènes musicales avant-gardistes. Il m'a récemment fait découvrir le Lite Feet, genre d'évolution new-yorkaise mutante des instrus de Swizz Beatz et des "party breaks" également joués par des tastemakers comme Sinjin Hawke ou Tom Lea de Local Action.

NOTE DE LA RÉDACTION

Et bien sûr une longue interview-portrait de Teki Latex himself ; un beau portrait de l'enfance de l'artiste Jacques au travers des yeux de ses parents ; notre sélection de livres sur la culture électronique ; les albums et maxis du mois à ne pas manquer ; les playlists de DJ's pour chiner leurs meilleurs tracks ; toutes les soirées près de chez vous et le cocktail du mois : le Shibuya by Night. Bonne lecture !

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