Photo : Tribute to DJ Rashad @ Evil Olive

Depuis 1996, le comté de Cook (situé dans l'état de l'Illinois et sur une large partie de Chicago) prélève une taxe de 3 % sur tous les événements de « divertissement » payants se déroulant sur ses terres. Seules les salles d'une capacité de 750 personnes ou moins accueillant des « live performances théâtrales, musicales ou tout autre live performances culturelles » en étaient exemptées.

Depuis ces dernières semaines, selon plusieurs médias locaux (dont le Chicago Reader), les autorités du comté de Cook en ont après plusieurs clubs et salles de concert qui ne se seraient pas acquittés de cette taxe. Le Beauty Bar et l'Evil Olive, deux clubs populaires qui accueillent des DJ sets (Ellen Allien est passée dans le premier en 2008) et concerts variés, se sont chacun vu réclamer 200 000 dollars par les autorités pour ne pas avoir payé la taxe pendant des années. Le comté tente de revenir sur une loi de 2006 qui classe les DJ sets comme des performances live dans la mesure où ils impliquent des éléments performatifs comme de « la manipulation technique, du chant, de la danse, ou tout autre activité ».

"The Whistle Song" de Frankie Knuckles

En gros, il faudrait que les clubs concernés prouvent que les DJ's qu'ils ont invité faisait plus que jouer de la musique enregistrée. Anita Richardson, qui mène le dossier pour récupérer ces taxes, a été citée par le Chicago Tribune lors de l'audition des avocats des deux clubs. “Vous allez devoir prouver que ce que font les DJ's relève des beaux-arts. Et vous allez être en difficulté pour démontrer que la commission du comté intégrait le rap parmi les beaux-arts. Je n'ai jamais lu aucune définition du terme qui inclurait les activités d'un DJ dans les beaux-arts.”

Et les autorités n'ont pas l'air de vouloir s’arrêter là. Le 22 août, un représentant du comté a mis les choses au clair : l'exemption de la taxe concerne seulement « les disciplines communément considérées comme des beaux-arts ». Pat Doerr, le président de l'Hospitality Business Association of Chicago (une chambre de commerce des gérants de bars et restaurants), relaye des bruits de couloir en provenance de l'administration selon lesquelles le rock, le rap et le grunge seraient, avec les DJ sets, les premières performances dans le viseur.

Il déclare également que la situation pourrait se transformer en une bataille légale de plusieurs années et entraîner la faillite de plusieurs lieux si la taxe se voyait appliquer aux plus petits d'entre eux. Un comble pour la ville qui a vu naître la house music et abrite la collection de vinyles du godfather Frankie Knuckles dans une galerie d'art.