La Bretagne devra désormais compter sur un nouveau festival, catégorie psytrance. L'Ethereal Decibel Festival se tiendra du 27 au 28 août dans le village de Hénon, dans les Côtes-d'Armor. Deux scènes, des artistes de renommée internationale, des performeurs et 1 400 raveurs souriants, c'est la promesse faite par le collectif Ethereal Decibel Company.

Du haut de ses 24 ans, Arnaud Constant porte ce projet depuis 2012, accompagné de deux amis du même âge. Une équipe jeune et déterminée qui a mis sur pied dix fêtes en open air et une bonne trentaine de soirées en club (sans compter les multiples collaborations) depuis leur association en 2012. Avant ça, Arnaud n'était pas un grand fan d'électronique : "J'étais musicien dans des groupes punk, blues ou soul". Il découvre la psytrance lorsqu'il débarque en Bretagne pour ses études. "J'ai changé d'avis sur la chose, j'ai fait des free parties et je me suis vite ouvert à cette culture."

ethereal decibel

C'est au Symbiose Festival, un événement organisé par des Parisiens au Portugal, que lui et ses amis se décident à fonder leur association : "On a trouvé ça pourri et on a voulu, plutôt que de critiquer, essayer de faire mieux."

Suivront de nombreuses soirées "dans un esprit rave trance mais avec une envie de proposer quelque chose de propre et carré". Ethereal Decibel va prendre forme au rythme des études et formations de ses membres. "On s'orientait tous dans le spectacle vivant, raconte Arnaud. Je me suis formé à la production, et les gars ont suivi des formations plus techniques. Ca nous a permis de professionnaliser nos événements sur un format 500 personnes." Le succès est presque immédiat : les gars d'Ethereal retournent le Floride de Nantes, le Cosmos à Angers et autres salles sympathiques du coin. 

"Ce qu'on veut, c'est faire accepter les musiques électroniques – et la trance en particulier – au grand public", explique le président de l'association. Avec une approche moins brutale que celle des soundsystems ou des poseurs de rave, le collectif va s'attirer les faveurs du public mais aussi des municipalités. Leur technique : inscrire localement leurs événements.

"Le but avec Ethereal Decibel Festival, c'est d'en faire un projet pérenne en mettant la communauté locale à profit, déroule Arnaud. On peut faire tomber les aprioris en travaillant, et en faisant les choses avec les gens." L'idée : se démarquer du format rave party "où une préfecture impose la rave à une mairie qui n'en veut pas". Mais est-il vraiment possible en 2016 de convaincre un maire de l'intérêt d'organiser un festival psytrance sur sa commune ? Oui.

ethereal decibel

"On s'est d'abord adressé au maire de Quessoy, la commune d'un des membres de l'association, raconte Arnaud. Il était intéressé par le projet, on avait bossé nos arguments. On a également avancé le fait qu'on ne travaillerait qu'avec des entreprises locales, que ce soit pour la bière ou la sonorisation". Dès les premières discussions, le collectif insiste sur sa volonté d'inscrire son festival dans une dynamique locale et s'engage sur une transparence totale. "Cette première municipalité n'a finalement pas pu nous accueillir mais le maire a fait des pieds et des mains jusqu'à trouver une autre commune limitrophe intéressée par le projet, poursuit-il. Le maire de Hénon a alors pris le relais. On proposait quelque chose de sérieux et on a bossé main dans la main avec les secours pour monter le dossier de sécurité. Après une réunion avec la préfecture, les gendarmes et les pompiers, tout était bouclé." Ce qui ressort de cette rencontre : "Les autorités étaient contentes du sérieux mis dans notre dossier de sécurité et de la manière dont on les avait abordés. Résultat : on n'a eu aucune difficulté à monter le festival."

ethereal decibel

Si la méthode d'Ethereal Decibel Company a donc beaucoup joué dans le processus, il faut rendre à la Bretagne ce qui lui revient. "Les maires bretons ont la particularité d'être conscients et à l'écoute, explique Arnaud. Ce sont des listes locales formées de gens encore en activité, connectés au monde qui les entoure. C'est pour cette raison qu'on trouvait intéressant d'impliquer le tissu associatif et les entreprises du coin, on voulait que les habitants acceptent notre événement". Avant d'ajouter : "Tu ne peux pas demander à des gens d'accepter quelque chose qu'ils ne connaissent pas et qui va les faire chier pendant deux jours, ça ne peut pas marcher." 

ethereal decibel

À terme, l'équipe d'Ethereal Decibel Company espère pouvoir vivre de son projet mais avance pas à pas : "Quand les gens auront compris que ce qu'on fait est bien, on pourra revoir les formats, la durée...". À la manière de Hadra, Ethereal Decibel est également doté de son propre label et d'une flopée d'artistes à découvrir plus bas. Arnaud Constant regarde d'ailleurs vers l'avenir et verrait bien son collectif s'imposer comme la nouvelle référence psytrance française. Les années diront si le crew est à la hauteur de ses ambitions.

Il ne reste que quelques places pour l'Ethereal Decibel Festival, au prix de 36 €. Récupérez-les ici