Suite à la mort de deux adolescents par overdose au début du mois, le club londonien Fabric a vu sa licence suspendue par les autorités et est fermé pour une durée indéterminée. Le club vient de publier un message sur son site Internet dans lequel il s'engage à aller encore plus loin dans sa lutte contre la drogue :

« Nous savons qu'il y a toujours des zones qu'on peut améliorer, et nous nous engageons a examiner profondément les leçons que nous pouvons tirer des récentes morts tragiques. Nous sommes en train de revoir toutes nos procédures pour s'assurer que nous avons les meilleurs moyens d'assurer la sécurité de nos clients. »

Le club pratiquait déjà une tolérance zéro envers les drogues et son protocole avait été décrit comme exemplaire par un juge du district en décembre dernier, selon le communiqué. Dans le collimateur des autorités depuis des années en raisons de plusieurs accidents mortels liées aux drogues (la police anglaise avait déclaré en 2014 que Fabric était « l'un des grands clubs les plus problématiques »), le club avait pourtant fait appel contre les dispositifs drastiques que les autorités londoniennes voulaient lui imposer l'an dernier, dont l'introduction de chiens renifleurs de drogues à l'entrée.

Pour récupérer sa licence qui lui permettra de rouvrir ses portes, Fabric risque cette fois-ci de devoir faire de lourdes concessions. Malgrès les nombreux décès liés aux overdoses d’ecstasy en Angleterre ces dernières années, la distribution de kits de test de drogue à l'entrée des clubs est toujours prohibée par les autorités, qui les considèrent comme une incitation à a consommation.

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«Comme le reconnaît le maire de Londres, les clubs jouent un rôle central dans l'économie de la nuit ainsi que dans les industrie musicales et créatives de la ville, qui sont en réel danger d’extinction. Nous espérons pouvoir travailler de manière constructive avec la police et le quartier d'Islington (dans lequel est situé Fabric, ndlr) pour assurer leur avenir, tout en garantissant l'environnement le plus sûr possible pour les amoureux de musique. »

La nuit londonienne vit effectivement une période turbulente, deux clubs iconiques de la scène underground ont déjà fermés leurs portes cette année : Plastic People et Dance Tunnel. A l'échelle nationale, The Association of Licensed Multiple Retailers (ALMR), qui représente les clubs et les salles de concert de Grande Bretagne, déclarait l'an dernier que celle-ci avait perdu la moitié de ses clubs en dix ans.

De son côté, le nouveau maire progressiste de Londres Sadiq Khan entend redynamiser la vie nocturne de la ville. Après avoir instauré le métro 24 heures sur 24 sur les lignes Central et Victoria chaque week-end, Khan cherche désormais un « tsar de la nuit ». Le rôle de celui-ci, dont les missions sont détaillées dans l'offre d'emploi publiée sur le site de la mairie, sera de promouvoir la culture de la nuit londonienne tout en développant et diversifiant son économie. Le job est tentant : payé 35 000 livres pour 2,5 jours de travail par semaine. Il y a pire.

Sadiq Khan

sadiq khan

« La diversité de Londres est son atout principal et nous nous efforcerons de la mettre en valeur dans toutes les réunions avec l'Autorité du Grand Londres (l'une des neufs régions anglaises) » explique le détail du poste. La semaine dernière, Sadiq Khan pressait les autorités de trouver un terrain d'entente avec Fabric afin de permettre sa réouverture.

Espérons que la lutte pour la santé des clubs londoniens survive au mille-feuilles administratif. En attendant, vous pouvez postuler au poste de Night Czar jusqu'au 12 septembre, et signer la pétition contre la fermeture de Fabric.

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