Vous l'avez peut-être ressenti en club ce week-end, ou dans votre casque pas plus tard que ce matin. Lorsque les éléments de la musique s’enchaînent parfaitement, quand la construction paraît naturelle, que la tension monte, le plaisir s'intensifie. On sait alors que quelque chose va arriver, on commence même à en avoir besoin… Et là, satisfaction ultime : la basse frappe, c'est le drop.

"La manière dont le cerveau appréhende la musique reste curieuse. Nous ne sommes pas tout à fait sûrs de la raison pour laquelle nous ressentons du plaisir quand on écoute de la musique alors que nous n'en n'avons pas essentiellement besoin pour rester en vie."

On connaît tous cette sensation. Mais pourquoi est-elle si agréable ? C'est la question à laquelle Kiralee Musgrove, doctorante australienne, tente de répondre à travers sa thèse.

« Le plaisir nous récompense quand on fait des choses qui sont bonnes pour notre évolution et notre adaptation, comme lorsqu'on mange ou lorsqu'on fait l'amour. Ces choses nous procurent du plaisir pour une raison », explique Kiralee.

« Mais la manière dont le cerveau appréhende la musique reste curieuse. Nous ne sommes pas tout à fait sûrs de la raison pour laquelle nous ressentons du plaisir quand on écoute de la musique alors que nous n'en n'avons pas essentiellement besoin pour rester en vie. »

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Bien que notre cerveau intègre la musique d'une manière différente des autres stimulis, le désir que l'on ressent au fil que l'atmosphère musicale s'intensifie fonctionne de la même manière que d'autres désirs, selon la théorie de Kiralee Musgrove. Ce mécanisme pourrait même être comparé à ceux que l'on retrouve dans les addictions aux drogues, les troubles alimentaires ou les troubles obsessionnels compulsifs.

L'EDM comme champ de recherche

Kiralee Musgrove s’intéresse plus précisément à la connexion entre l'anticipation du drop et le plaisir procuré par ce dernier lorsqu'on l'entend. En raison de la structure conventionnelle et prévisible de l'EDM, et en partant du principe que le désir est plus fort lorsque les drops sont anticipés, Kiralee Musgrove a choisi de concentrer ses recherches sur ce genre musical.

Elle est toujours à la recherche de participants pour son étude. Si vous vivez à Melbourne, si vous avez moins de 40 ans, si vous n'avez pas de problèmes d'audition, et si vos oreilles sont prêtes à essuyer de l'EDM, vous pouvez vous inscrire par ici.