Photo en Une : Duncan Rawlinson

 

Été 1986. Un groupe de potes désireux de sacraliser le solstice d'été brûlent une statue à l'effigie humaine sur une plage de San Francisco. Du sable de Baker Beach, le Burning Man s'est délogé sur la terre aride de Black Rock, et propose depuis trente ans de participer à l'expérience d'une société alternative rythmée par l'expression de soi et l'art.

Ainsi, chaque année, le déroulement du festival est placé sous une thématique particulière. Si, en 2015, les artistes devaient explorer le champ du « carnaval des miroirs », pour cette édition, c'est le peintre virtuose Léonard de Vinci qui est mis à l'honneur. Le site américain Fest300 a par ailleurs révélé les images des œuvres monumentales qui prendront place dans divers recoins du Burning Man du 28 août au 5 septembre prochains.

The 747 Project

À l'origine du concept, Ken Feldman et Jonathan Teo, deux artistes ambitieux ayant fait leurs premiers pas au Burning Man en 2015 avec une version « miniature » de leur projet, qui n'est rien d'autre qu'un... avion. Déplacer un objet d'un tel acabit n'étant pas une mince affaire, un crowdfunding a été levé afin de recueillir les quelque 100 000$ qui permettront l'escorte de ce mastodonte à travers l'autoroute entre le désert de Mojave et Black Rock, nécessitant plusieurs policiers, deux camions, deux voitures de patrouille et bien plus encore. Une fois arrivé sur la terre promise, l'avion sera transformé en une galerie d'art qui accueillera de nombreux ateliers et cercles de discussion.

Black Rock Lighthouse Service

Les phares construits au festival AfrikaBurn. Photo : Claudia Kaufmann
Les phares construits au festival AfrikaBurn 2016. Photo : Claudia Kaufman

Dans le désert immense de Black Rock, se repérer n'est pas une tâche aisée. Partis de ce constat, Max et Jonny Poynton ont entrepris, avec l'aide de plusieurs bénévoles, de construire une structure de près de 18 mètres de haut représentant des phares en bois qui illumineraient une partie du festival. De quoi garder des repères même dans un océan de poussière.

Catacomb of Veils

Photo : Dan Sullivan
Photo : Dan Sullivan

D'ores et déjà considérée comme l'œuvre la plus massive du Burning Man. Les artistes et bénévoles disposeront de 15 jours pour assembler pas loin de 5 200 mètres carrés de morceaux de murs et 9 150 mètres carrés de matériaux de revêtement pour donner forme à une immense catacombe qui permettrait à ses visiteurs de plonger dans l'introspection et de vivre une expérience dans le cœur du festival.

The Space Whale

Photo : Matt Schultz
Photo : Matt Schultz

On vous voit venir : comme si les 3 œuvres citées précédemment ne relevaient déjà pas suffisamment de l'absurde, une dernière vient enfoncer le clou avec la figure de deux baleines géantes arborant une peau aux couleurs des galaxies. Toutefois, la progression du projet révèle la minutie nécessaire à sa réalisation : pour lui donner vie, artistes et bénévoles se sont attelés au montage de 200 000 morceaux de verre, 15 tonnes de métal, le tout sur une structure de 15 mètres de haut.

Encore plus de festivals burlesques ?

Dans la liste des events aux environnements les plus dantesques, le Fusion Festival allemand consacre également une place d'honneur à l'art avec de nombreuses installations, un cinéma et une programmation théâtrale. Côté trance, l'Ozora hongrois et le Boom portugais peuvent aussi se vanter de décors extraordinairement colorés, tandis que d'autres festivals comme le Boomtown et le Sziget s'organisent en de véritables quartiers aux thématiques hétéroclites.