PRAGUE, RAVE AGE

Sur le papier, Prague n’a rien d’un temple de la techno. Saturée de vacanciers le jour, la nuit, Prague est une immense zone de non-droit où il faut slalomer entre les cadavres d’Anglais bourrés. Ce qui n’empêche pas une scène underground de prospérer à l’ombre des boîtes à touristes. Ne cherchez pas un vrai bon club techno, il n’en existe pas ! C’est le collectif Polygon, lancé en 2012, qui a réveillé Prague avec des dizaines de soirées dans des lieux abandonnés, vestiges de la grandeur communiste : un bunker nucléaire, une villa sur une île, des abattoirs… Berlin n’est qu’à 4 heures de route et ça se ressent : les kids tchèques suivent à la lettre le dress-code sombre du Berghain et les labels berlinois, Osgut Ton, Dystopian ou Avian défilent aux platines. La force de Prague est la jeunesse et la vitalité de sa scène. À Berlin, les squats sont devenus des clubs installés avec des videurs relous. La capitale tchèque revient à l'esthétique de la rave, avec des lieux industriels révélés au dernier moment, comme le Berlin perdu des 90's.

Mais les autorités commencent à comprendre ce petit manège : la dernière Polygon a été interrompue par la police, au motif qu’il manquait une sortie de secours. La scène reste très do-it-yourself : Boiler Room a toujours boudé Prague. Tant pis, un collectif a bricolé une “Hollar Room” dans un mini-club entre les murs d’une université. Mais comme souvent, difficile d’être au courant pour le touriste de passage : les meilleures soirées sont remplies quasi exclusivement de Tchèques.

Drogues et alcool

Ce n’est pas pour rien qu’il y a tant d’enterrements de vie de garçon à Prague : l’alcool ne coûte rien, on peut boire peinard dans la rue et les bars sont ouverts non-stop. Le cannabis est dépénalisé et l’ecstasy quasiment en libre-service dans les clubs. Quelques trucs plus dégueulasses tournent aussi, comme la crystal-meth, appelée ici “pervitine”.

Trois clubs, trois ambiances

  • Cross Club : ex-club le plus cool de Prague, avec son impressionnant décor de ferraille d'inspiration steampunk, le Cross est devenu une machine à touristes à la prog incohérente, où il vaut mieux surveiller son porte-monnaie.
    Plynární 1096/23, Praha 7
  • Neone : un mini-club underground qui mixe musiques électroniques et arts visuel. Lancé par le collectif qui organise le très recommandé festival Lunchmeat. Population locale et cool.
    Bubenská 1, Praha 7
  • U bukanýra : une péniche posée sur la Vltava. Vaut plus pour la superbe vue et l’entrée gratuite que pour la qualité de la house qui s’y joue. Ferme à 6 heures le week-end, parfait pour admirer le lever du soleil.
    Nábřeží Ludvíka Svobody 1, Praha 1


U bukanýra

Prix d’une nuit : 32 €
Prix d'un dîner :
12 €
2 bières dans un bar : 2 €
2 gin tonic en club : 6 €
Entrée en club : entre 1,50 € et 10 €
Retour en taxi : 7 €

Berlin cred’ : 8/10

Le meilleur moment pour y aller : Le printemps ou l’été, pour une soirée Polygon (environ tous les mois).

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