Photo en Une : La Techno Parade


La Paris Electronic Week (PEW, prononcez "piou") n'en finit plus de prendre de l'importance. “Produite à 100% par Technopol”, une association de promotion et de défense des musiques et cultures électroniques, la PEW “est partie du constat qu'il n'y avait pas d'événement business en France permettant de réunir les professionnels de la musique électronique, afin d'échanger sur les problématiques liées aux différents métiers du secteur”, explique Tommy Vaudecrane, le président de Technopol.

Paris Electronic Week
© Teddy Morellec

“L'idée, c'est de donner le plus d'éléments concrets possible sur leur métier à nos organisateurs d'événements, nos labels et nos artistes, leur donner des pistes de réflexion pour le futur et faire en sorte qu'ils soient aptes à construire un business durable, se développer en France et à l'international.”

La PEW, le bras armé d'une France au carrefour des musiques électroniques

Les initiatives de B to B (business to business) ne sont pas nouvelles dans le secteur musical. Le Marché des musiques actuelles (MaMA), un salon qui se tient chaque année à Paris, en est un parfait exemple. Mais c'est la première fois, selon Tommy, qu'un événement d'une telle ampleur s'applique à la seule sphère électronique. “Chez Technopol, on pense que les musiques électroniques constituent un écosystème si particulier – que ce soit dans notre mode de financement, ou dans notre manière de voir le marché de la musique – que la PEW mérite sa place dans la liste des événements B to B”, juge-t-il.

Paris Electronic Week
Au musée Carnavalet. (©DR)

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Mais c'est loin d'être l'unique raison d'exister de la PEW. “C'est aussi une occasion de mettre un coup de projecteur sur les acteurs de la scène française à tous les niveaux, de faire venir des étrangers et de faire en sorte qu'ils se rencontrent et qu'ils apprennent à travailler ensemble”, détaille Tommy. Car au-delà de tisser et de fortifier les mailles d'un réseau qui dépasse nos frontières, la PEW veut être un laboratoire d'idées sur le futur de l'industrie musicale électronique. “Réfléchir à des solutions de billetteries internationales et à des outils marketing qui permettent de développer l'attention sur certaines nouvelles communautés, échanger avec les gens de Beatport et Mixcloud…”

“L'objectif, c'est que la France soit un hub des musiques électroniques.”

En bref, redonner ses lettres de noblesse au marché hexagonal ? “On veut que la France ait sa place dans l'écosystème mondial, et que ça aille dans les deux sens : qu'on exporte mais que des gens puissent venir faire du business chez nous”, revendique celui qui est président de Technopol depuis 2010. “L'objectif, c'est que la France soit un hub des musiques électroniques. Il y a de plus en plus d'attention sur notre marché, il faut donc qu'on soit armés pour pouvoir développer ce business. Et la PEW est une parfaite occasion pour faire, une fois par an, le point sur notre marché.”

Une quatrième édition de la PEW placée sous le signe de la qualité

La Paris Electronic Week grandit vite, et en quatre ans, le chemin parcouru est impressionnant. “Ça a commencé petit ! se souvient Tommy. Les deux premières éditions étaient plus confidentielles, surtout chargées de réunir autour d'une table les institutions, les syndicats et la SACEM. Puis on a ouvert à l'international l'année dernière, en accueillant de nombreux intervenants étrangers à l'Hôtel de Ville. C'était impressionnant. Ça a beaucoup plu, et montré, en un sens, un certain engagement de nos politiques envers le marché des musiques électroniques.”

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“Ce qui nous importe vraiment cette année, assure Tommy, c'est la qualité des conférences, des masterclass, des intervenants et de l'information qui va être distillée durant ces trois jours. On lance par exemple des ateliers de 45 minutes intitulés Best Practice, portés sur des thématiques bien précises (marketing en ligne, relations presse, Mixcloud, Paylogic…) et pendant lesquels des experts interviendront sur des cas pratiques en proposant des solutions concrètes.”

Paris Electronic Week
A la Gaîté Lyrique, l'année dernière. (©Jacob Khrist)

Mais la PEW revêt aussi et surtout un aspect festif, permettant d'intéresser une autre frange du public. “Evidemment, on propose des pass à 35 € garantissant l'accès aux conférences et à quatre soirées en club. Il y aura très certainement aussi des événements en plein air de prévus, et enfin la Techno Parade”, énumère Tommy. Cerise sur le gâteau, organisée elle aussi par Technopol depuis 1998, la Techno Parade  enflammera comme chaque année les rues de la capitale, en guise de clôture de la Paris Electronic Week.

Paris Electronic Week
Soirée Whiteout. (©DR)

La PEW, un salon qui parle aux institutions

“On travaille avec la ville de Paris, qui œuvre beaucoup pour le développement des musiques électroniques, donc ça se passe forcément plutôt bien. Elle nous a mis à disposition des locaux de l'Hôtel de Ville l'année dernière, et une campagne d'affiche Decaux conséquente cette année”, se réjouit Tommy. “La Paris Electronic Week a été très bien acceptée par l'ensemble de nos partenaires - le ministère de la culture, la Sacem, etc. – qui attendaient un événement de ce type-là, dédié aux musiques électroniques. C'est aussi une manière d'identifier les problèmes et de trouver des solutions d'une année sur l'autre.”

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Des propos corroborés par les récentes décisions du Conseil de Paris au sujet d'une politique nocturne de la ville. Un récent sondage avait porté à l'attention des élus que “seuls 7% des touristes de province citent les nuits parisiennes comme un facteur d'attractivité”. Contraint d'engager plusieurs volets d'actions, le Conseil avait alors jugé bon d'accorder la même importance à des événements nocturnes comme “la Nuit Blanche, la Nuit européenne des musées, des festivals de musiques actuelles ou encore la Paris Electronic Week”. Dans la démocratisation des musiques et cultures électroniques, c'est un pas de plus qui vient d'être franchi.

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