D'emblée, l'attaché presse nous prévient : "Marc Dorcel ? Je ne suis même pas sûre qu'il soit au courant ! On va vous passer Grégory, son fils, c'est lui qui gère l'entreprise maintenant". Dommage, on imaginait déjà le boss du boulard à la française séquencer une ligne de basse sur sa TB 303, dans la quiétude de son home studio.

Mais alors pourquoi ce morceau estampillé Dorcel ? "À la base, cette chanson n'était pas du tout faite pour exister en tant que telle. Nous cherchions juste une identité sonore, un son emblématique de notre marque, de ce qu'elle représente." Cette pièce musicale était donc destinée à être la signature sonore de Dorcel, un jingle en somme.

L'entreprise se tourne donc vers une société de production sonore et de design musical, Sixième Son (qui a composé et écrit "You Make Me Lose My French" de A à Z). "D'habitude, ces prestataires de service nous rendent un morceau entier, et nous n'en utilisons qu'une virgule, un extrait."

Le résultat est un track d'une minute et quarante secondes, genre d'ersatz d'électroclash/disco à la Miss Kittin. "La chanson dans sa totalité nous a beaucoup plu, il y a cette touche 70's qui correspond aux débuts de l'entreprise Dorcel, tout en gardant un aspect moderne, électronique. L'ambiance est punchy, piquante, mais sans tomber dans le vulgaire. Enfin, les paroles amènent ce côté French Touch... Bref, tout ce qui fait la marque !"


Marc Dorcel (à gauche) et son fils Grégory.

"You Make Me Lose My French" a été partagée sur les réseaux sociaux hier, jour de la Fête de la musique. "C'était l'occasion de faire parler de la marque, bien sûr. Nous utiliserons quand même le morceau pour en faire un jingle, et pensons éventuellement à en sortir une version longue... Mais ce n'était pas le but à la base." Il ne faudra donc pas compter sur une autre création musicale signée Dorcel "avant au moins dix ans", précise le patron. Et nous qui attendions l'album...