Laurent Garnier est relax, il est chez lui. Lourmarin, petite bourgade entre Aix-en-Provence et l'autoroute A7, accueille le festival ce que le DJ français n°1 a créé : le Yeah!. Plus précisément, c'est le château de Lourmarin qui l'accueille. Construit en 1526 par Foulques d'Agoult, seigneur et baron, chambellan du roi René d'Anjou et chevalier de l'Ordre du croissant, restauré dans les années 1920 par Robert Laurent-Vibert, il protège depuis 2013 une horde de copains venus faire la teuf, à grand coup de 'teilles de rosé à 10 euros et de programmation qui voit large.

Pour accéder au site, il faut passer par le village. Vous savez, ce genre de bled qui vous ferait abandonner femme et enfants pour une bière en terrasse, à comater sur le lierre dévalant les façades jaunâtres. Pas mal de poussettes, d'Anglais, beaucoup de locaux. On se rappelle que pendant ce temps-là, à 740km de là, d'autres fous sont en train de prendre la pluie au Weather ou la boue au We Love Green. Désolé pour eux. À Lourmarin, il fait un beau insolent.

Yeah! Festival 2016

Vendredi

Le cadre, on pourrait en parler pendant longtemps. Mais on est tout de même venus pour écouter de la musique. Arrivés à la soirée du vendredi pendant le set de 51 Black Super, groupe rock hébergé par le label Vietnam, on descend déjà une bouteille de Vieille Ferme rosé. C'est le principe ici, rassurez-vous.

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Le temps de s'apercevoir qu'un petit jeune a pris le contrôle des platines pendant l'interplateaux : Alban Rebotini. Oui, le fils de son père, Arnaud, qui l'épaule pour l'occasion. Les familles Rebotini et Garnier sont en vacances. D'ailleurs, Lolo passe parmi la foule, sert des verres à ses potes et surtout, personne ne l'emmerde. Bah oui, on vous l'a dit, il est chez lui.

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Avec Gablé, la soirée se lance réellement. Joli, sincère, mais pas totalement convaincu malgré le lobby de nos potes. C'est Chassol qui ouvrira vraiment notre cœur à la prog du festival. Un concert incroyable du pianiste et compositeur, bien aidé par un batteur du feu de Dieu, Mathieu Edouard, qui nous a arraché à notre chinage de vinyles. Reprise de titres de son nouvel album Big Sun, mais aussi impros et mise en place folles... Chassol nous a encore mis sur le cul. Presque autant que les Canadien de Suuns. Eux aussi ont un dernier album de dingue à défendre. Et c'est chose faite. Suuns est radical, clôture la soirée sans surprise, puisque l'on savait que ça allait être fou.

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Samedi

Il n'y a pas le droit de pisser dans les champs d'oliviers qui entourent le château. On vous prévient parce que lorsque vous viendrez l'an prochain, et vous viendrez, il faudra respecter le cadre. La soirée du samedi démarre plus tard que prévu pour nous, sur Mansfield.TYA. Un beau concert du side project de la chanteuse de Sexy Sushi, Rebeka Warrior. Même si une partie de l'assistance n'apprécie guère les passages plus aériens, un peu longs, il y a de la beauté dans les compos du duo.

Après ça, la boucherie. Les Anglais de Fat White Family, l'un des groupes rock les plus barrés de notre époque, clope au bec, bières aux mains, n'ont pas failli à leur réputation. Même si le chanteur a terminé en calebard, et pas à poil comme à son habitude. Lourd, frénétique et mélodique. De quoi préparer le terrain pour Night Beats, rock eux aussi, que l'on a trouvé efficace, mais souffrant de la comparaison avec leurs prédécesseurs.

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Fat White Family, en caleçon, à l'aise

Dimanche

Le Yeah! ne se vit pas qu'au château. Il est aussi dans toutes les animations et activités offertes l'après-midi. Dit comme ça, on dirait que l'on vous parle d'une kermesse. Et il y a un peu de ça. On a choisi d'aller au concours de Air DJ. Animé par Moustik, de Groland, dont la présence hante le festival depuis trois jours, par les activistes de Radiomeuh, et évidemment par Laurent Garnier, la compétition a vu la victoire de DJ Gunner, même si on a largement préféré la performance de DJ Bonjour. Direction le château.

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C'est la soirée électronique, avec un Flavien Berger qu'on avait envie de prendre dans nos bras lors de ses petits interludes pleins de love à la foule. Chauffés, les festivaliers sont maintenant prêt à prendre un grand coup de Gilles Peterson dans la gueule. Cumbia, bien sûr, afro-funk, house, musiques brésiliennes and co... La classique, toujours bien sentie, avec cette faculté de faire passer un morceau hip-hop en dubstep puis en ternaire en moins d'une minute. Le sens de la rythmique, on vous dit.

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Flavien Berger

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Gilles Peterson

Après cela, le déluge, ou plutôt Laurent Garnier. L'hôte comble ses invités avec un set en apothéose. Tout le monde l'aime là-bas, avec cette impression que ici, maintenant, c'est notre pote. Demain, c'est lundi, alors, pour donner du courage à tout le monde, Garnier balance "Blue Monday" de New Order pour achever l'audience, en ultime track. Secoués, le smile accroché à la tronche, on se dit qu'on reviendra, avec ces potes-là. Et ceux-là aussi, tiens. Et la famille. Et vous.

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   A voir
L'intégralité du set de Laurent Garnier au Yeah! Festival 2016