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Avant de recevoir une volée de bois vert, soyons clairs. Référence absolue de la fête, Berlin et ses clubs en folie ne sont pas près d'être détrônés. La capitale allemande reste un eldorado et le mètre étalon pour son art de vivre en faisant la fête. Mais il faut bien reconnaître que le tourisme de masse, s'il garde l'économie locale à flot, lui a enlevé un peu de son charme. Il a aussi porté un coup à son authenticité et institutionnalisé son côté sauvage et éphémère. Celui-là même que le Berghain protège précieusement avec son célèbre cerbère et sa politique du “no photo”. Ou celui que l’on peut encore trouver dans quelques niches tenues secrètes (p.14) et confiées de bouche à oreille…

LE GUIDE ULTIME DE VOTRE ÉTÉ


Alors, quelle destination faut-il booker pour votre prochain week-end low cost ? Leipzig serait un bon début, avec ses clubs semi-légaux, son ambiance libertaire et ses habitants qui ne veulent surtout pas qu’on parle d’eux (désolé) pour protéger, eux aussi, leurs fêtes fantastiques (à lire page 32).


Belgrade et ses incertitudes (p.40) serait aussi une bonne pioche. Là-bas, les gens font la fête par devoir, pas par hédonisme. Un état d’esprit proche de celui de la jeunesse de Kiev, en Ukraine (p.58), un pays lui aussi abîmé par la guerre et la récente révolution. Où l’on danse pour oublier, pour résister et pour faire avancer la société.



Ou encore Varsovie, Lisbonne, Vienne, Bucarest ou Prague, où nous nous sommes rendus pour confectionner ce guide (p.68). Dans ces villes, on a aimé trouver une nuit jeune et enthousiaste, une jeunesse vibrant d’une certaine utopie s’exprimant par la fête d’un avenir à réinventer.

Une certaine “Berlin cred’” que l’on s’est amusé à évaluer, en détaillant les meilleurs lieux pour sortir, le prix d’une nuit (verres, entrées, taxi etc) et les politiques locales concernant les psychotropes et les débits d’alcool. En somme, un numéro essentiel pour bien préparer son prochain voyage.

ÉGALEMENT DANS CE NUMÉRO

RØDHÅD, VIKING AU CŒUR TENDRE (la grande interview, pp. 48 à 56)

Pour Rødhåd, la techno est bien plus qu’une musique de bourrin. Le patron du label Dystopian l'imagine comme bande-son d’une révolte, lui qui se verrait bien au sein d’une” communauté rebelle, qui se bat contre l’ordre établi”.

(...) “Lorsque l’on vivait en RDA, on avait aussi ce sentiment d’être constamment observés et surveillés par un Big Brother. C’était la police politique, la Stasi. Mon quartier, Hohenschönhausen était d’ailleurs celui de Berlin où la Stasi avait installé sa plus grande prison. La manière dont les gens vivaient en Allemagne de l’Est, leurs difficultés matérielles, la pression du pouvoir sont des choses qui m’ont toujours touché et que je convoque régulièrement au moment de travailler sur ma musique.” (...)

LE JOUR OÙ… LE TRESOR A OUVERT SES PORTES (pp. 20 et 21)

C'est ici que tout a commencé. Sans le Tresor, Berlin ne serait peut-être jamais devenue La Mecque de la techno. Dimitri Hegemann, fondateur du club qui a accueilli pour la première fois en Europe les producteurs de Detroit, raconte pour Trax la première soirée du Tresor, le mercredi 13 mars 1991.


(...) Il est déjà 22 heures. Devant le club, une file de plusieurs centaines de personnes commence à se former et personne pour la gérer. « Dans l'équipe, avec Achim, il y avait Johnny (on l'appelait Johnny, je n'ai jamais su son vrai nom), un youngster qui venait de Berlin-Est. Il avait amené ses potes, un mix de hooligans et de fans de rock. Parmi eux, il y avait un gars appelé Mario. Il était obnubilé par les chaussures, un vrai fétichiste, il pouvait te dire par qui tes chaussures avaient été fabriquées, leur prix… En voyant la foule devant le club, Mario a dit : “Je m'en occupe, c'est moi le doorman.” Et il est resté quinze ans à ce poste. » (...)

LE BLOT JOB : QUATRE BONNES RAISONS DE NE PAS DEVENIR DJ (p.16)

Tout les mois David Blot (Radio Nova) fait le point sur la rotation de la planète musicale avec le Blot Job. En juin, l’homme liste quatre raisons qui devraient vous y faire réfléchir à deux fois avant de vous lancer dans un carrière de DJ. Voici la première.

À la base, vous êtes passionné de musique. Mais la plupart des gens que vous allez rencontrer en tant que DJ ne sont pas vraiment au diapason. Il y a d’abord les « runners », qui vont vous amener de l’aéroport à l’hôtel, et de l’hôtel au club – aussi passionnants qu’un chauffeur de taxi, et les chauffeurs de taxi, vous n’avez pas besoin de voyager pour les connaître. Ensuite, vous dînerez avec le patron du club. Et un patron de club, ce n'est pas un spécialiste de Drexciya, c’est un limonadier, un spécialiste du chiffre au bar. Vous n’avez aucune raison de dîner avec ce type d’individu, et pourtant, vous ne dînerez plus qu’avec ce type d’individu. C’est dans la fête que vous rencontrerez des gens plus intéressants, sauf que vous êtes en train de mixer, alors la discussion, ce sera après votre gig. Mais à cette heure-là, les plus vaillants sont aussi les plus défoncés, et le degré d’intelligence est fortement dépendant de l’état des neurones valides. À force de côtoyer des cons, vous déteignez. (...)”



Et toujours… notre sélection de livres sur la culture électronique ; les albums et maxis du mois à ne pas manquer ; le nouveau label à suivre ; les playlists d’artistes français et internationaux pour chiner les meilleurs tracks ; toutes les soirées près de chez vous ; la sélection d’émissions sur Rinse France et le cocktail du mois : Le Trans-Europe Express. Bonne lecture !

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