Comment définiriez-vous le concept des soirées A Love From Outer Space ?

A Love From Outer Space est un projet venu du fin fond de l’espace, que Sean Johnston et Andrew Weatherall ont porté jusqu’à notre Terre…

En quoi le parti pris du BPM ralenti est central à cette formation ?

Nous avons tous les deux été très influencés par le mouvement baléarique et nous sommes de l’école des DJ’s qui peuvent passer des genres très différents au cours de la même soirée. A l’époque de la création d’ALFOS, ce genre n’était plus du tout au goût du jour dans les clubs. Le groupe s’est formé pour aller à contresens du rythme effréné des évolutions de la société. Nous voulions créer un espace-temps dans lequel l’ambiance et la musique pouvaient s'étirer et permettre ainsi aux danseurs d'entrer dans une nouvelle expérience de fête. 

A quel point la vitesse de la musique définit le concept de la soirée ?

Nous voulions raconter une autre histoire, sortir de la musique basée sur 125 ou 130 BPM que tous les clubs passent en ce moment. Au lieu de proposer un plaisir immédiat, on cherche à récompenser ceux qui tiennent la distance.

De quel univers venez-vous, respectivement, et comment expliquez-vous cette harmonie entre vous ?

Je suis originaire du nord de l’Angleterre. J’étais DJ et je jouais un mélange de house, de faces B de disques de pop, du hip-hop, du label On-U Sound et quelques titres plus dansants. Andrew Weatherall, lui, vient de la grande banlieue de Londres et s'est nourri de tout ce qu’il trouvait en punk, post-punk, soul, disco et reggae-dub. Quand je suis arrivé à Londres, il commençait à être connu grâce à ses sets légendaires au Shoom et à d’autres soirées acid house. A l’époque, c’était difficile de trouver autre chose en club que de la soul et un peu de groove, donc je l’ai tout de suite repéré, parce qu’il passait de la musique que j’étais l'un des seuls à connaître. Au fil des années, on a passé notre temps à se croiser, soit derrière les platines, soit quand j’allais le voir jouer pendant ses soirées Haywire, ou encore quand j’ai sorti de la musique sur son label Sabers of Paradise. Au début des années 2000, les forums comme DJ History marchaient très bien et je me suis intéressé aux édits disco, au cosmic disco et aux origines des musiques baléariques. Ca m’a donné envie de commencer à chercher des musiques avec des BPM beaucoup plus lents. Le projet ALFOS est né d’une conversation avec Andrew à ce sujet, pendant un long trajet de nuit en voiture.

Que représente Paris pour vous ? Vous y voyez un intérêt particulier en musique ?

Paris et la musique électronique, c’est une longue histoire que l’on doit traiter avec un certain respect. Ça fait plusieurs fois qu’on vient et on a toujours trouvé une super ambiance et des gens plutôt chics une foule chic. On est tous les deux très contents de revenir.

A quoi les Parisiens doivent-ils s’attendre le 20 mai au Badaboum ?

Ce qu’ils doivent faire, c’est abandonner toutes leurs idées préconçues et se préparer à vivre une aventure musicale hors du commun.

Andrew Weatherall et Sean Johnston sont ce soir, vendredi 20 mai, au Badaboum pour la soirée A Love From Outer Space