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En Belgique, la sécurité des festivals augmente d'un cran. En état d'alerte de niveau 3 (sur une échelle de 4, le niveau ayant baissé d'un cran le 24 mars dernier, deux jours après les attentats de Bruxelles), le pays cherche à rassurer les festivaliers en instaurant de nouvelles mesures de sécurité à l'entrée de ces rassemblements d'envergure. Ainsi, Werchter, le Graspop, le festival de Dour, Tomorrowland et le Pukkelpop ont décidé de se doter de portiques de détection”, rapportent nos confrère belges du site RTL.

“Ces dernières semaines ont fait l'objet d'une série de consultations intensives entre les polices locale et fédérale, les administrations locales et le ministère de l'Intérieur, dans la préparation de la prochaine saison d'été des festivals”, explique de son côté l'organisation du Tomorrowland dans un communiqué relayé par le site EDM.com. Les dispositifs existants ont été mis à jour et des mesures supplémentaires sont dans les cartons”, poursuit-elle, précisant que “l'objectif à terme est d'autoriser les sacs et sacs à dos, mais seulement après une fouille approfondie.”

Tomorrowland

Un dispositif qui rassure les festivaliers

De la poudre jetée aux yeux de festivaliers hésitants avant de démarrer la saison ? C'est ce que laisse entendre Tommy Vaudecrane, président de Technopol, une association qui promeut, entre autres, l'essor des cultures électroniques en France : Ils ont raison d'avoir peur – tout le monde a peur – mais je ne pense pas que mettre des détecteurs de métaux ou interdire les sacs empêche un terroriste de débouler avec une Kalachnikov, explique-t-il. Maintenant, est-ce que ce genre d'événements peut vraiment être la cible de ce type d'attaques ? J'en suis moins sûr, parce que sinon, la Techno Parade aurait déjà eu affaire à ce genre de problème.”

L'association Technopol, à l'initiative de ce rassemblement qui enflamme chaque année les rues parisiennes entre Port-Royal et République, doit tout de même se plier aux directives de la préfecture. “Pour l'instant, ils estiment que l'on a seulement besoin de quelques mesures de sécurité supplémentaires – des agents de sécurité par exemple – mais pas grand-chose de plus. Cela peut vouloir dire qu'un événement comme la Techno Parade présente moins de risques que d'autres lieux plus populaires où tout le monde se rend, comme une gare, un aéroport, un centre commercial, ou un stade. C'est un événement de niche”, poursuit Tommy Vaudecrane.

Les détecteurs de métaux pas encore au programme

“Pour l'instant, on n'y est pas encore”, tempère Yan Degorce-Dumas, responsable de la communication chez Panda Events, qui organise notamment Les Plages Électroniques à Cannes et Lisbonne, Crossover à Nice, et d'autres festivals en Afrique du Nord. “Forcément, il va y avoir des mesures supplémentaires par rapport à l'année dernière, qu'on ne connaît pas encore. On ne sait pas si l'on va nous demander d'installer des détecteurs de métaux, mais c'est ce qui semble se généraliser sur tous les événements avec beaucoup de public, il est donc possible qu'on soit tous logés à la même enseigne.” 

Du côté d'Astropolis, on attend encore “les réunions de sécurité en présence des services de la préfecture à venir”. Une circulaire du ministère de l'Intérieur, définissant les dispositifs à suivre pour la saison estivale, est dans tous les cas attendue dans les prochaines semaines. Elle semble avoir été pleinement anticipée par les différents professionnels du milieu, qui se préparent à tous les cas de figure. “Nous sommes prêts à répondre à tout ce qu'on va nous demander”, indique de son côté Yan Degorce-Dumas.

Un budget sécurité augmenté de 15 à 30 %

Comment se traduit dans les faits une telle situation ? “La réalité, c'est qu'avec l'état d'urgence, les festivals ont augmenté de 15 à 30 % leur budget sécurité. Ça se traduit par plus d'agents, plus de fouilles, plus de points de contrôle, mais à un moment donné, on ne pourra pas faire plus”, prévient Tommy Vaudecrane.

“Je pense que c'est aussi à la police d'anticiper, d'informer, et de travailler avec les organisateurs et de leur dire, au cas par cas, s'il y a une faille de sécurité ou non, et mettre en place une sécurité aux abords de l'événement. Quand on cumule les mesures de sécurité liées à l'état d'urgence qui ont été imposées aux promoteurs, je pense qu'on n'est pas trop mal protégés”, conclut le président de Technopol.