Photo en Une : Vue d'artiste du nouveau Rex Club


Le Rex change de peau ! Après une soirée de closing dimanche 8 mai dernier en compagnie de Maceo Plex, Jennifer Cardini et Rebolledo, le plus vieux des clubs électroniques de la capitale annonçait la fermeture de ses portes pendant un mois, jusqu'au 10 juin prochain. Simple relooking ? Stratégie pour redorer l'image du club et attirer une nouvelle clientèle ? Une photo qui circulait sur les réseaux sociaux depuis peu nous a donné envie d'en savoir plus, et de poser quelques questions à Fabrice Gadeau, le boss du panthéon de la techno parisienne.

De nombreuses modifications, sans casser de murs

“Le DJ booth [la cabine, ndlr] reste à sa place, la modification se fera au niveau du son lui-même”, indique Fabrice Gadeau, le manager du Rex, joint par téléphone. “On a envoyé tout notre parc son au banc pour qu'il soit testé, vérifié et remis à neuf. Notre dispositif D&B est maintenant entièrement piloté par ordinateur, il faudra donc calibrer et reconfigurer le son pour le nouvel espace. Enfin, on va remplacer nos J-SUB par des V-SUB, plus petits mais plus cardioïdes que les anciens (moins de déperdition, plus de poussée vers l'avant, et des infras plus ronds).”

Rex Club (Fabrice Gadeau)Pas de quartier pour les planches du dancefloor... (©Fabrice Gadeau)

Une question est sur toutes les lèvres : qu'en sera-t-il du fumoir, celui qui remporte régulièrement la palme de "pire fumoir de Paris" dans le mensuel sondage de la nuit réalisé par nos confrères du Bonbon Nuit et de Radio Marais ? “Le fumoir restera le fumoir”, annonce d'emblée Fabrice. “Mais nous avons amélioré la qualité de l'air en doublant la ventilation”, précise-t-il, conscient de la grogne de certains clubbeurs. “Nous avons maintenant trois moteurs qui apportent de l'air et deux qui l'extraient, on devrait logiquement avoir un espace fumeur moins enfumé.”

“Nous n'avons en revanche pas modifié le confort de l'espace fumeur. Vu l'état dans lequel nous le récupérons chaque matin, ce n'est pas nécessaire d'en faire quelque chose de particulièrement beau.” Pour le reste, c'est surtout une histoire de décoration. “Le bar ne change ni de place, ni de forme, ni de comptoir, mais sera en revanche entièrement rhabillé, pour coller avec le reste du design.

Rex Club travaux
Ce qu'il reste du dancefloor foulé par des millions de clubbeurs. (©Fabrice Gadeau)

“Le dancefloor en bois disparaît définitivement, pour des raisons d'entretien essentiellement. C'est malheureusement très compliqué de garder un sol en bois dans un établissement comme le nôtre”, déplore le patron du Rex. “On a opté pour un revêtement en caoutchouc Nora ®, beaucoup plus résistant aux grosses fréquentations. Et on retrouvera le logo du Rex imprimé dessus, en plein milieu de la piste de danse.”

“On va avoir une piste de danse un peu plus aérée, puisqu'on a réussi à gagner 26 centimètres en enlevant le plancher et en faisant sauter une dalle. C'est pas énorme, mais au Rex, ça représente 10% de la hauteur globale, donc c'est plutôt pas mal”, se réjouit le successeur et ami de Christian Paulet, l'autre patron historique du club entre 1984 et 2005. “On a refait une piste avec des escaliers, plus large, plus profonde, et donc plus agréable - en tout cas je l'espère.”

Relooker, sans tout changer : “On reste sur un Rex très Rex”

Mais pourquoi avoir choisi cette période de mai-juin pour lancer des travaux ? “Parce que c'est la période la moins active de l'année”, répond simplement Fabrice. “Le mois de mai est une période très dure à Paris, parce que ce sont les premiers beaux jours, des week-ends prolongés, et, depuis trois ans, les plus mauvais chiffres d'affaires du Rex.” “Heureusement, avec l'arrivée des touristes entre juin et août, le club fonctionne beaucoup mieux”, se rassure-t-il.

Un design épuré, plus industriel, destiné à faire du pied à une clientèle plus friande d'ambiance warehouse ? “Non, vous verrez que l'on reste sur un Rex très Rex”, court-circuite immédiatement Fabrice. “On a la chance au Rex de travailler pour un établissement familial et pour des gens qui dépensent allègrement dans des travaux pour que l'endroit soit toujours en parfait état”, se félicite-t-il, avant de préciser que les travaux auraient même pu se faire l'année dernière.

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“Les clubs ont besoin de se relooker de temps en temps et de changer d'esthétisme. Pour changer les habitudes des gens déjà, parce que ça peut être lassant d'aller toujours au même endroit depuis des années, et puis aussi parce que le bâtiment était en train de se détériorer, la piste de danse notamment, qui devenait de moins en moins praticable.”

Et le prix de l'entrée, des consos ? “Les prix devraient rester à peu près les mêmes. On avait déjà augmenté ces dernières années les plateaux en passant de 12€ à 15 €, puis de 15 € à 20 €. On sera peut-être plus souvent sur des week-ends à gros plateaux, mais ce n'est pas spécialement dû aux travaux, plutôt à un alignement sur les autres établissements parisiens.” “Mais ce ne sera pas systématique”, rassure-t-il, avant de conclure qu'au bar, “les tarifs ne devraient pas changer a priori”.

Le Rex Club ne nous abandonne pas longtemps pour autant, puisqu'il prévoit de rouvrir ses portes le 10 juin prochain, à l'occasion des 5 ans de Correspondant, le label de Jennifer Cardini, qui fera un saut derrière les platines aux côtés de Man Power et Marvin & Guy