Photo en Une : © Jacob Khrist


La musique ne fait pas qu’adoucir les mœurs, elle libère également une parole, des corps et rassemble en une énergie libératrice. C’est dans cet esprit que la place de la République sera investie demain, le temps d’une soirée, par des DJ's, mélomanes, médias et activistes avertis de la fête “self-made”. Dont une partie de la rédaction de Trax. 

Dans la lignée de la soirée du 40 mars dernier (12 avril) qui voyait des collectifs free party rassembler leurs forces pour soutenir le mouvement, ce sont cette fois 7 collectifs et médias qui s'unissent jeudi. Cracki (le crew derière le Macki Festival), Radio Mawimbi du collectif du même nom, le magazine hip-hop Grünt, le groupe électroriental Jugurtha, les orgas de fêtes libres Microclimat, les DJ's du Wrecka Spinazz Club et la rédaction de votre magazine, Trax.

Pour Alex, Paul et Sam, respectivement des collectifs Mawimbi, Cracki et Jugurtha, l'objectif premier de cette impulsion festive est de “sensibiliser nos publics aux questions et aux débats soulevés part Nuit Debout”. À nos côtés, les radios Radio Campus Paris et Piiaf, et le mag gratuit Le Bonbon Nuit apportent également leur soutien. Ce qui sera joué ? “Chacun jouera ce qu'il veut, de la techno, de la musique africaine, arabe, du rap… Je pense même jouer un peu de punk pour ma part !”, nous dit Alex de Mawimbi.

nuit debout

Au programme, plusieurs DJ sets donc, chacun d’environ 40 minutes, relayés par un système-son très particulier, car participatif. La musique est diffusée via une fréquence radio à courte portée, et chacun est convié à apporter ghettoblasters, postes radio, radio-réveils, téléphones et tout autre équipement pour être le soundsystem, avec les autres. “Cela permettra de ne pas déranger le bon déroulé des assemblées générales et des travaux de commissions menés à Nuit Debout. Mais surtout, l’intérêt est de faire participer les gens, en les faisant être les acteurs de la soirée. Au final, cela permet d'éviter que la fête prenne une tournure qui pourrait provoquer une intervention des forces de l’ordre.”

Pour les différents collectifs, l'idée est ainsi d’intégrer la fête et la musique au cœur de Nuit Debout et non de seulement créer un espace pour danser. “Ce mouvement est né d’intentions spontanées, sans réelle organisation ni hiérarchie, au jour le jour, et notre façon de diffuser la musique sur la Place tient du même esprit. C’est un essai, on ne peut pas prévaloir du résultat, mais ça intègre l’esprit autogéré de la Nuit Debout. On ne voulait pas ramener des dizaines de kilos de son. Le but n’est pas de transformer la Nuit Debout en Fête de l’Huma.”