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“2013 : trop, c'est trop !” C'est en ces termes que débute la dernière newsletter de Techno+, l'association de prévention des risques liés aux pratiques festives, présente depuis plus de vingt ans au sein du mouvement free party, mais aussi et surtout aux éditions du Teknival. Beaucoup
 s'accordent, organisateurs comme participants, pour dénoncer l'inaction du gouvernement et la répression abusive des autorités ces dernières années. À tel point que l'organisation du 23e Teknival, qui aura lieu en région Centre du 29 avril au 2 mai prochain, cristallise les revendications de nombreux teufeurs.

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Le prochain Teknival sera illégal, politique et responsable

“Il était temps”, lâche Aymeric du collectif Marmotek au téléphone. “Il n'y a pas qu'une définition de la free party, mais au contraire de nombreuses manières de la concevoir. C'est bien que tout le monde se mobilise ensemble. Pour une fois, la minorité suit la majorité, ça montre une certaine cohésion”. De célèbres collectifs free party ont ainsi rejoint le mouvement depuis l'annonce de février : entre autres, les anciens de 3Faze, les D.S.P., les Troubles Fêtes qui fêtaient leurs 20 ans l'an dernier, les pirates Nawak, ou encore les Marmotek, toujours en procédure pour récupérer leur sound system. L'équipe à la tête du Teknival espère fédérer “plus de 200 sound systems et des milliers de participants venus de toute l’Europe” d'ici à la fin du mois.

Aymeric se réjouit-il que cette nouvelle édition soit illégale ? “Non, ça me déplaît (correction : Aymeric est revenu vers nous pour préciser que "ce sont les moyens financier et humain déployés qui me déplaisaient (gendarmes/CRS, hélicoptère, etc)." ndlr.) Pourquoi débloquer autant de fonds pour mobiliser tous ces cars de CRS, des hélicoptères, etc. alors que nous voulons simplement montrer que nous sommes autonomes et responsables ?” Mais il semble que les teufeurs n'aient plus guère le choix face à une administration rétive et embourbée. 

“On nous avait promis le dialogue avec la jeunesse, nous n’avons eu que des coups de matraque”, évoque l'équipe du Teknival dans un communiqué, ajoutant qu'“après deux ans de négociation au sein du Groupe de Travail Interministériel sur les Rassemblement Festifs, nous constatons qu’aucun des dix engagements pris en juillet 2014 et portés dans le compte-rendu officiel n’a été tenu”.

En filigrane, Aymeric s'interroge : “L'État cherche toujours à tout contrôler jusqu'au moindre détail. Je me pose la question : est-on toujours en démocratie ?”